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C’est un « cold case » qui ne referme pas depuis 43 ans. Katy Spicher, la fille de Marylise Spicher poignardée à mort en 1983, a assigné l’État devant le tribunal judiciaire de Paris pour déni de justice et faute lourde, a fait savoir mercredi 18 février à l’Agence France-Presse (AFP) Anaïs Gallanti, une de ses avocates.

« Décennies d’une souffrance psychologique profonde », « sentiment d’abandon institutionnel », « angoisse permanente liée à l’absence de vérité » : voilà les conséquences pour la plaignante des « dysfonctionnements » de la justice dénoncés dans cette assignation, délivrée mercredi 18 février, et dont l’AFP a eu connaissance.

Marylise Spicher a été tuée de trente coups de couteau à son domicile à Amiens le 26 juillet 1983, à l’âge de 27 ans. Katy Spicher était alors âgée de 6 ans. Depuis, il lui est impossible « de faire son deuil » mettent en avant ses avocats Mes Anaïs Gallanti, Stéphane Diboundje et Pascal Bibard.

Ses conseils pointent d’abord une ordonnance de non-lieu rendue en 1988 « de manière prématurée », « laconique et lapidaire ». Car, avancent-ils, un frère de la victime a avoué deux fois, avant d’incriminer d’autres membres de la famille. Des « actes essentiels » sur « l’aspect scientifique notamment n’ont pas été réalisés pour lever toutes les incertitudes », relèvent encore les avocats dans l’assignation.

Dans quel crime « aussi sanglant et non élucidé on clôture le dossier au bout de cinq ans sans tout mettre en œuvre pour identifier le ou les auteurs » et « sans permettre à la fille mineure de faire valoir ses droits ? », s’interrogent les avocats. Ainsi, alors « qu’elle s’est retrouvée orpheline », car elle ne connaît pas son père, « à aucun moment, il n’a été désigné d’administrateur ad hoc pour lui permettre de se constituer partie civile dans la procédure pénale » pendant sa minorité, déroulent ses conseils.

« Rien n’a été fait » par l’institution judiciaire, donc, pour préserver ses droits « durant le temps de l’enquête, de l’instruction » ou « les années qui ont suivi jusqu’à sa majorité acquise en mars 1995 ». Et l’institution judiciaire n’a ensuite pas répondu favorablement, selon eux, à une demande d’accès au dossier « en invoquant des motifs inopérants (archivage du dossier par exemple), en 1995 à une époque où la prescription de l’action publique n’était pas encore acquise ».

« Refus explicite de réouverture »

Devant ce que ses avocats caractérisent comme faute lourde et déni de justice, Katy Spicher réclame à l’Etat 375 000 euros pour : préjudice moral et psychologique (150 000 euros), perte de chance procédurale (150 000 euros), atteinte au droit à un recours effectif (50 000 euros) et préjudice patrimonial (25 000 euros). Car Katy Spicher doit gérer « une reviviscence traumatique à chaque démarche judiciaire », d’après ses conseils.

En 2025, des « témoignages nouveaux, précis et circonstanciés, demeurés jusqu’alors inexploités, ont surgi », précisent les avocats de Katy Spicher. Mais « un refus explicite de réouverture » d’enquête a été opposé par le parquet d’Amiens à la fille de la victime, par un courrier reçu le 24 décembre 2025, veille de Noël.

Durant toutes ces années, « les réponses ambiguës ou les absences de réponses de l’institution judiciaire aux demandes d’accès au dossier ou à la réouverture du dossier » ont constitué « un déni de justice susceptible d’engager la responsabilité de l’Etat », souligne l’assignation. Le procureur de la République d’Amiens, Jean-Philippe Vicentini, a affirmé début 2026 à l’AFP ne pas être opposé à une réouverture de l’enquête, tout en estimant qu’aucun élément juridique ne le permet à ce stade.

Un autre dossier a récemment fait écho à celui de Marylise Spicher. La Cour de cassation, plus haute juridiction judiciaire, a entériné en janvier la prescription du meurtre de Marie-Thérèse Bonfanti, disparue en 1986, bien qu’un voisin a avoué en 2022 l’avoir étranglée. En réaction à cette décision, le ministre de la justice Gérald Darmanin s’est dit récemment « favorable à mettre fin à la prescription pour les crimes de sang ».

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13 commentaires

  1. Interesting update on Katy Spicher assigne l’Etat pour déni de justice, 43 ans après le meurtre non élucidé de sa mère. Curious how the grades will trend next quarter.

  2. Interesting update on Katy Spicher assigne l’Etat pour déni de justice, 43 ans après le meurtre non élucidé de sa mère. Curious how the grades will trend next quarter.

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