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Le Parti libéral-démocrate (PLD) de la première ministre japonaise, Sanae Takaichi, a remporté 315 sièges lors des élections législatives anticipées de dimanche, obtenant à lui seul une majorité des deux tiers à la chambre basse du Parlement, selon les résultats officiels publiés mardi 10 février.

Ce score est le meilleur de l’histoire du PLD et permet à la dirigeante ultraconservatrice de conforter son mandat pour mettre en œuvre son programme dans l’archipel de 123 millions d’habitants au cours des quatre prochaines années.

Devenue en octobre 2025 la première femme à diriger le gouvernement japonais et bénéficiant depuis d’un état de grâce, Sanae Takaichi avait dissous, fin janvier, la chambre basse du Parlement où sa coalition gouvernementale avait une courte majorité.

Pari gagné

Son pari est largement gagné : la coalition formée du PLD et de son partenaire Ishin (Parti pour l’innovation, centre droit) obtient au total 351 sièges sur les 465 que compte la chambre basse du Parlement, selon les données du ministère de l’intérieur. Lors de la précédente législature, le PLD ne comptait que 198 sièges, tandis que Ishin en détenait 34.

Les élections ont également vu le parti anti-immigration Sanseito augmenter son nombre de sièges, passant de deux à quinze, selon les résultats.

La Nouvelle Alliance centriste pour la réforme, formée par le principal parti d’opposition, le Parti démocrate constitutionnel (centre gauche), et l’ancien partenaire du PLD, la petite formation bouddhiste Komeito, a subi une débâcle cuisante, son nombre de sièges s’effondrant de 167 à 49.

Sanae Takaichi a été chaleureusement félicitée par le président américain, Donald Trump, qu’elle doit rencontrer à la mi-mars à Washington. Cette victoire l’inscrit dans le sillage de son mentor, Shinzo Abe (premier ministre en 2006-2007 puis 2012-2020) qui avait profondément marqué le pays par ses positions nationalistes et son programme économique comprenant notamment des relances budgétaires (les « Abenomics »).

Tensions sino-japonaises

La région Asie-Pacifique est toutefois attentive, alors que les tensions sino-japonaises ont pris une nouvelle ampleur depuis que Sanae Takaichi a laissé entendre en novembre 2025 que Tokyo pourrait intervenir militairement en cas d’attaque contre Taïwan, dont Pékin revendique la souveraineté.

Les marchés financiers pourraient également s’inquiéter du dérapage des finances publiques de l’Archipel et du colossal endettement du pays si Sanae Takaichi continue de muscler ses mesures de relance budgétaire pour doper la quatrième économie mondiale.

Renforcée par la perspective de dépenses budgétaires accrues et de cadeaux fiscaux, la Bourse de Tokyo a bondi de plus de 5 % en séance, lundi, et continuait d’établir de nouveaux records, mardi, l’indice vedette Nikkei gagnant 2,45 % vers 2 h 50 heure de Paris.

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