Listen to the article
Un tribunal du canton du Valais, dans le sud-ouest de la Suisse, a ordonné vendredi 23 janvier la remise en liberté de Jacques Moretti, copropriétaire avec son épouse du bar de la station de ski de Crans-Montana, théâtre d’un incendie meurtrier la nuit du Nouvel An.
Après le versement d’une caution de 200 000 francs suisses (environ 215 000 euros), le tribunal des mesures de contrainte du canton du Valais a annoncé dans un communiqué avoir « levé la détention provisoire » de M. Moretti et lui avoir imposé des « mesures de substitution » destinées à « contrer le risque de fuite présenté par le prévenu ».
En plus de la caution, il s’agit selon le tribunal de « mesures classiques », comme l’interdiction de quitter le territoire helvétique ou l’obligation de se présenter quotidiennement à un poste de police.
Cette libération est « un scandale et une honte à l’égard des victimes et de leurs familles », a réagi, auprès de l’Agence France-Presse, Me Jean-Luc Addor, qui représente les proches d’un adolescent mort dans le drame de la station des Alpes. Une décision « inattendue et particulièrement sidérante » pour les proches des victimes, a ajouté Me Christophe de Galembert, qui défend aussi le père d’un enfant mort dans l’incendie.
M. Moretti, mis en cause dans l’enquête ouverte après la tragédie qui a fait 40 morts et 116 blessés, était en détention provisoire depuis le 9 janvier. Son épouse, Jessica Moretti, demeure quant à elle en liberté sous mesures de contrainte.
Risque de collusion
Avant l’incarcération provisoire de M. Moretti, le 9 janvier, plusieurs avocats de victimes ou familles de victimes s’étaient déjà étonnés du fait que le ministère public ne prenne pas en compte le risque de collusion, voire de fuite, en le laissant libre. « Une nouvelle fois, il n’est émis aucune considération sur le risque de collusion et de disparition des preuves », a regretté vendredi Me Romain Jordan, avocat de plusieurs familles de victimes.
L’indignation a même gagné l’Italie, dont sont originaires de nombreuses victimes, où le ministre des affaires étrangères, Antonio Tajani, a dit sur X « rester sans voix » face à cette libération, qui, selon lui, « constitue un véritable affront aux sentiments des familles qui ont perdu leurs enfants ».
D’après les premiers éléments de l’enquête, le drame a été provoqué par des étincelles de bougies fontaines entrées en contact avec une mousse acoustique posée au plafond du sous-sol de l’établissement. Des interrogations portent sur la nature de cette mousse, mais aussi sur la présence d’extincteurs, sur leur accès, et sur la conformité des voies de sortie du bar Le Constellation. Le couple est soupçonné d’homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d’incendie par négligence.
La commune de Crans-Montana a, de son côté, reconnu qu’aucune inspection du système de sécurité et du système incendie du Constellation n’avait été effectuée depuis 2019, suscitant la consternation de certaines familles.
Lors de ces auditions de plus de dix heures chacune, les avocats présents n’ont pu poser toutes leurs questions. Ils « seront en mesure de le faire lors d’audiences ultérieures », a expliqué vendredi le ministère public du Valais, sans préciser quand celles-ci auraient lieu. Au terme de l’instruction ouverte, le ministère public décidera de classer l’affaire ou d’émettre un acte d’accusation en vue d’un éventuel procès. En attendant, la présomption d’innocence prévaut.









10 commentaires
Nice to see insider buying—usually a good signal in this space.
Good point. Watching costs and grades closely.
Good point. Watching costs and grades closely.
Silver leverage is strong here; beta cuts both ways though.
Good point. Watching costs and grades closely.
Good point. Watching costs and grades closely.
Silver leverage is strong here; beta cuts both ways though.
Good point. Watching costs and grades closely.
Good point. Watching costs and grades closely.
Nice to see insider buying—usually a good signal in this space.