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A force de penser la société « par au-dessus » et de priver de budget les forces qui agissent sur le terrain, celles-ci perdent pied, étouffent, et se détournent. L’ensemble des maires ruraux et des maires des villes sous-préfectures appelle à changer de regard et à reconstruire une politique publique à hauteur de nos communes.
Nos imaginaires politiques ont bougé. Ils ne sont plus ceux des dernières décennies, détourés par un clivage gauche-droite bien défini. Les lignes sont brouillées. Le clivage passe désormais entre ceux qui s’occupent des problèmes d’en bas et ceux qui en rajoutent par en haut. Voilà ce que ressentent les Français.
Par définition, toute question que pose un citoyen amené à s’exprimer dans les urnes est une bonne question – même lorsque ce n’est pas celle à laquelle le politique a envie de répondre. A travers les cahiers de doléances, les Français ont envoyé un message clair avec trois mots-clés : citoyenneté, solidarité, proximité. Si la citoyenneté garantit la liberté et si solidarité résonne avec fraternité, il faut comprendre qu’aux yeux de nos concitoyens l’absence de proximité devient une rupture d’égalité.
Dans nos villes sous-préfectures, dans nos communes rurales, les citoyens en France demandent en effet instamment de la proximité – ce à quoi les politiques publiques répondent par de l’éloignement.
Dernier représentant de la République
De Redon [Ille-et-Vilaine] à Montargis [Loiret], de Saint-Amand-Montrond [Cher] à Lesparre-Médoc [Gironde], d’Autun [Saône-et-Loire] à Figeac [Lot], de Clamecy [Nièvre] à Grasse [Alpes-Maritimes], de Châteaulin [Finistère] à Lunéville [Meurthe-et-Moselle], de La Flèche [Sarthe] à Calvi [Haute-Corse], de Saint-Pierre [Martinique] à Limoux [Aude], nos sous-préfectures et leur arrondissement se vivent comme autant d’îles abandonnées au cœur de la nation : perte des tribunaux, sécession territoriale des décideurs, fermeture des maternités, attrition des écoles. Et, quand ces services disparaissent, ce sont toutes les communes rurales alentour qui en subissent les conséquences : l’Etat s’éloigne encore plus.
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12 commentaires
La citoyenneté et la solidarité sont des valeurs fondamentales. La proximité est clé pour les faire vivre.
C’est une réflexion intéressante sur la décentralisation du pouvoir. Les communes devraient effectivement avoir plus de voix dans leurs affaires.
Mais comment concilier cela avec la cohérence nationale des politiques publiques ?
Les maire savent les difficultés des habitants, leur envoyer de l’argent ne suffit pas.
Il est temps de repenser notre manière de faire de la politique. Les maires ruraux ont des idées à défendre.
Les villes sous-préfectures ont des défis spécifiques.
Ce qui manque, ce sont des moyens concrets pour que les petites communes puissent agir efficacement.
Oui, les budgets alloués sont souvent insuffisants.
Les imaginaires politiques ont effectivement changé. La défiance envers les institutions Centrales grandit.
C’est un constat partagé par beaucoup de Français.
La proximité est effectivement un enjeu majeur. Les habitants ont besoin de se sentir écoutés.
Trop souvent, les décisions sont prises sans consulter les citoyens.