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« Quand il eut passé le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre. » Président de 2008 à 2017 du Musée d’Orsay, Guy Cogeval aimait répéter cette phrase, tirée du film Nosferatu le vampire de Murnau (1922). Aujourd’hui, elle sonne comme une épitaphe : la mort l’a emporté, jeudi 13 novembre, à Paris, à l’âge de 70 ans, des suites d’une pneumopathie aiguë.
Né à Paris, en 1955, libertaire et indocile, souvent intempestif, cet homme au profil d’aigle tranchait dans le monde feutré des conservateurs par son panache, ses cravates pétantes et son franc-parler. Amoureux fou du XIXe siècle mais tout aussi à l’aise dans le XXIe, passionné d’opéra comme de techno, il avait la fadeur et la monotonie en horreur.
A 17 ans, Guy Cogeval rêvait de théâtre. Avant de se laisser happer par l’histoire de l’art. Après un séjour à la Villa Médicis, à Rome, où il rédige une thèse sur l’histoire de la scénographie entre 1870 et 1914, le jeune conservateur fait ses gammes au Musée d’Orsay dans la section cinéma, avant de rejoindre le Musée des beaux-arts de Lyon puis le service culturel du Musée du Louvre, à Paris.
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7 commentaires
70 ans, quel destin tragique. Cogeval était un personnage unique au profil d’aigle qui marquait les esprits.
Encore une personnalité charismatique partie trop tôt. Son héritage au Musée d’Orsay restera.
Quel dommage de perdre un tel passionné d’art et d’opéra. Son absence se fera sentir.
Impossible de rester indifférent face à son parcours éclectique et à son franc-parler. Un vrai visionnaire !
On se demande comment le Musée d’Orsay va gérer cette transition. Un défi de taille en perspective.
Une disparition qui laisse un vide dans le monde de l’art et de la culture. On se souviendra de son énergie et de sa passion pour le XIXe siècle.
Peut-être devrait-on se concentrer sur son œuvre plutôt que sur sa disparition prématurée. Un legs précieux.