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Ce mercredi 4 février, le ministère de l’intérieur a rendu publique une circulaire qui a eu le don d’enflammer les esprits : La France insoumise (LFI) est passée de la case « gauche » à la case « extrême gauche ». Que peut-on en dire ?

Reconnaissons tout d’abord que la distribution des étiquettes électorales a toujours été un casse-tête politique. C’est particulièrement vrai pour les élections municipales, où l’étiquette la plus populaire dans de nombreuses communes est celle de… « sans étiquette ». Le travail de Beauvau et des préfets est donc tout sauf facile. Il n’empêche. En faisant glisser LFI dans le « bloc de clivages » intitulé « extrême gauche », la circulaire soulève une vraie interrogation. Les conséquences concrètes peuvent s’avérer très importantes.

Au soir des élections, la proclamation des résultats projetés à l’échelle nationale pourra réduire mécaniquement le score de cette « gauche » (écologistes, socialistes, communistes, Place publique et Génération. s) comme de cette « extrême gauche » (LFI mêlée à Lutte ouvrière ou au Nouveau Parti anticapitaliste). De plus, l’étiquette « extrême » crée une perception négative chez un grand nombre d’électeurs. Elle peut être vue comme une menace sur la sincérité du scrutin. Elle dresse aussi un parallèle, de pôle à pôle, avec l’extrême droite du Rassemblement national.

Historiquement, on sait que la généalogie des courants politiques français est elle-même très complexe. Il est possible cependant de distinguer l’extrême gauche de la gauche. Dans ses premières années d’existence, entre 1920 et 1936, le Parti communiste français (PCF) a été classé à l’extrême gauche. La place de la gauche étant déjà occupée par les socialistes, le nouveau venu était classé à la gauche de la gauche. C’était une logique en quelque sorte topographique.

Même un Léon Gambetta (1838-1882) ou un Jules Ferry (1832-1893) avaient formé pour un court moment une « extrême gauche » au temps du Second Empire : ils occupaient la position à la gauche de l’opposition constitutionnelle.

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