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C’est une équipe de France diminuée mais nullement résignée qui commence la défense de son titre au Championnat du monde de handball, organisé jusqu’au 14 décembre en Allemagne et aux Pays-Bas. Les Bleues entrent en lice, vendredi 28 novembre à 20 h 30, à Bois-le-Duc, face à la Tunisie, avec un effectif amoindri par le forfait de plusieurs de leurs cadres. Depuis la Russie, en 2009, aucune nation n’a réussi à conserver sa couronne.

Il y a deux ans, au Danemark, les Françaises s’étaient imposées à l’arraché en finale face à la Norvège (31-28), pour s’offrir leur troisième sacre planétaire sous la houlette du sélectionneur Olivier Krumbholz (1998-2013, puis 2016-2024). Le Messin a depuis pris sa retraite, à l’été 2024, après que ses troupes ont décroché l’argent aux Jeux olympiques de Paris.

L’Euro, qui s’est joué à l’automne suivant (du 28 novembre au 15 décembre 2024), a été la première campagne internationale dirigée par son successeur et ex-adjoint, Sébastien Gardillou. Les Bleues ont échoué au pied du podium.

L’objectif affiché pour ce Mondial ? Atteindre le dernier carré, voire repartir avec une médaille. Sébastien Gardillou n’a pas ménagé sa peine ces dernières semaines pour essayer de bâtir un groupe compétitif. Il a dû composer sans cinq piliers qui ont été de toutes les épopées victorieuses de l’ère Krumbholz : Estelle Nze Minko, Laura Flippes et Chloé Valentini sont absentes pour cause de maternité, Laura Glauser souffre d’une hernie discale et Grâce Zaadi Deuna a été touchée à une cuisse.

Victime d’une béquille en championnat de Slovénie avec son club du RK Krim, cette dernière, initialement désignée capitaine, devrait rejoindre le groupe en cours de compétition – au total, cinq changements sont autorisés.

« Une richesse de banc hors norme »

En attendant, c’est l’expérimentée Tamara Horacek (30 ans, 114 sélections) qui hérite du brassard. Son rôle sera crucial pour encadrer un collectif considérablement rajeuni. Parmi les 18 handballeuses retenues par l’encadrement tricolore, 7 découvrent les joutes rugueuses d’un tournoi mondial. Du haut de ses 24 ans, la pivot Pauletta Foppa fait presque figure d’ancienne, avec ses 113 sélections sous le maillot national.

« Cette situation peut être l’occasion, pour certaines joueuses, de s’aguerrir au plus haut niveau, explique Sébastien Gardillou au Monde. Malgré les absences, l’équipe de France conserve une richesse de banc hors norme par rapport aux autres pays. » Le Limousin n’entend d’ailleurs pas modifier le style de jeu qui a fait la force des Bleues. « Il y a une continuité : tout part d’une défense de fer et, ensuite, on cherche à se projeter rapidement en contre-attaque. C’est notre ADN », insiste-t-il.

Qui sera la meneuse tricolore sur le terrain ? Bien que Tamara Horacek représente une valeur sûre, l’encadrement français a décidé qu’elle partagerait cette responsabilité avec Léna Grandveau, 22 ans. La révélation du dernier Mondial – elle avait inscrit les quatre derniers buts lors de la finale face à la Norvège – a été repositionnée du poste d’arrière droit à celui de demi-centre, position qu’elle occupe avec brio chez les Dragonnes de Metz. « L’idée est de lui donner les clés du camion dans le leadership offensif », révèle le sélectionneur.

Suivant son exemple, certaines jeunes joueuses vont devoir rapidement passer des caps si la France veut conserver son titre. Le format de la compétition, avec deux phases de poules, dont la première se dispute contre des adversaires largement à la portée des Bleues, peut leur laisser le temps de monter en puissance. « Elles ont la capacité d’évoluer au fur et à mesure de la compétition et je suis convaincu qu’elles peuvent encore franchir des paliers », assure Sébastien Gardillou.

Faiblesse en matière de tirs longue distance

A gauche, les arrières Méline Nocandy et Orlane Kanor sont incontournables, mais les ailières Suzanne Wajoka (24 ans, 9 sélections) et Nina Dury (21 ans, 8 sélections) vont découvrir le haut niveau international. A droite, c’est exactement le contraire : les ailières Lucie Granier et Alicia Toublanc sont expérimentées, mais l’absence de Laura Flippes a laissé un grand vide au niveau de la base arrière. Pour le combler, l’encadrement a fait appel à trois néophytes : Marie-Hélène Sajka (28 ans, 11 sélections), Emma Jacques (23 ans, 10 sélections) et Fatou Karamoko (19 ans, 4 sélections). Jusqu’à présent cantonnée à des tâches défensives, cette dernière va aussi devoir faire ses preuves en attaque.

« Il est certain que nous n’avons pas à notre disposition une arrière de grande taille “tueuse”, capable de marquer à mi-distance ou à longue distance, comme la Norvégienne Henny Reistad, admet Sébastien Gardillou. Mais Emma Jacques et Marie-Hélène Sajka [respectivement 1,91 mètre et 1,85 mètre] peuvent nous permettre de nous améliorer dans ce domaine. »

De quoi combler la faiblesse persistante des Bleues en matière de tirs longue distance, une spécialité des Scandinaves ? A l’exception de Tamara Horacek et d’Orlane Kanor, les arrières françaises tentent rarement leur chance aux 9 mètres et, lors des précédentes compétitions, cette impuissance a pesé sur le jeu tricolore, trop prévisible.

Dans le but, Hatadou Sako, la portière du prestigieux club hongrois de Gyor, sera la numéro un. Considérée comme l’une des cinq meilleures gardiennes du monde, elle apporte des garanties à ce poste si important en handball. Elle sera épaulée par Floriane André et Camille Depuiset, qui ont l’habitude de disputer la Ligue des champions avec leur club de Brest.

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9 commentaires

  1. Les Bleues ont beaucoup de talent, mais défiler sans leurs cadres habituelles, c’est un vrai défi. Espérons qu’elles sauront se montrer à la hauteur.

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