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Quel sens donner aux évaluations nationales menées chaque année par le ministère de l’éducation ? Le 19 novembre, le ministère a présenté à la presse les résultats de la mouture 2025 de ses tests dans tous les niveaux du CP à la 4e, puis en seconde et en CAP. Au total, 7 millions d’élèves ont été évalués. Les résultats, globalement stables, confirment les grandes tendances du système éducatif français : des écarts de performance entre les élèves défavorisés et les autres – même s’ils se réduisent sur plusieurs compétences –, un noyau d’élèves ne maîtrisant pas les prérequis à l’entrée dans les différents niveaux, et des écarts de performance filles-garçons en mathématiques (en faveur des garçons) et en français (en faveur des filles).
Dans le détail, les résultats en français progressent peu, à part en « fluence », terme qui désigne la vitesse de lecture – une compétence technique, de décodage, mais qui est essentielle à la compréhension du texte, a insisté l’éducation nationale auprès des journalistes. Celle-ci progresse notamment en 6e, où les deux tiers des élèves en moyenne sont capables de lire le minimum requis de 120 mots en une minute. Sur ce sujet, les élèves de REP + sont ceux qui progressent le mieux : en quatre ans (la fluence est évaluée depuis 2021), ils sont passés de 36 % à 43 % du groupe réussissant le test de 120 mots lus en une minute. Mais ce résultat reste très en-deçà du secteur public hors éducation prioritaire (où 60 % des élèves y parviennent, contre 52 % en 2021) et a fortiori du privé (71 %).
En mathématiques, les écarts de performance entre les élèves d’éducation prioritaire et ceux scolarisés hors éducation prioritaire ont tendance à se réduire également, notamment en CP, où l’écart dans la compétence « comparer des nombres », qui était de 16 points en 2019, n’est plus que de 11 points en 2025. Un résultat porté par la progression des élèves de l’éducation prioritaire.
Impact incertain
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9 commentaires
Les résultats stables des évaluations montrent que le système éducatif français a besoin de réformes plus profondes. La persistance des écarts entre élèves défavorisés et les autres révèle des inégalités structurelles.
Les efforts récents en faveur de la fluence en lecture sont un pas dans la bonne direction, mais il faut aller plus loin.
Pourquoi ces tests ne mesurent-ils pas aussi la créativité ou les compétences sociales ?
Le progrès en mathématiques chez les garçons et en français chez les filles montre des écarts persistants liés aux stéréotypes de genre. Comment inverser cette tendance ?
Des programmes scolaires mieux adaptés pourraient aider à réduire ces disparités.
Les élèves REP+ montrent des progrès notables en lecture. Cela prouve que les dispositifs d’accompagnement ciblés fonctionnent quand ils sont bien mis en œuvre.
Il faudrait étendre ces méthodes à toutes les zones défavorisées.
Malgré les améliorations locales, le manque de maîtrise des prérequis à l’entrée dans les niveaux supérieurs reste inquiétant. Quelles solutions durables proposer ?
Les tests annuels révèlent des lacunes persistantes, mais aussi des progrès notables. Un équilibre à maintenir dans l’analyse.