Listen to the article
La France a confirmé, vendredi 5 décembre, sa participation à l’Eurovision 2026 et son soutien à la présence d’Israël au concours musical, s’opposant au boycott annoncé par plusieurs pays comme l’Espagne ou l’Irlande. Interrogée par l’Agence France-Presse (AFP), une porte-parole de France Télévisions, le diffuseur français, a réitéré le soutien du groupe à la participation de la chaîne israélienne KAN à l’événement, qui aura lieu en Autriche en mai.
L’organisation de l’Eurovision de la chanson relève des chaînes membres de l’Union européenne de radiodiffusion (UER), qui est présidée par la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte Cunci. Lors de l’assemblée générale de l’UER jeudi à Genève, « une large majorité » des diffuseurs sont « convenus de ne pas organiser un vote sur la participation » d’Israël, contestée par plusieurs pays en raison de sa politique dans la bande de Gaza, a fait savoir l’organisation.
Cette annonce a déclenché aussitôt une salve de retraits des diffuseurs de l’Espagne, des Pays-Bas, de l’Irlande et de la Slovénie. Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, s’est félicité vendredi, dans un message sur X, que « l’Eurovision n’ait pas cédé aux pressions, et que la France ait contribué à empêcher un boycott d’Israël dans cette enceinte ».
Un débat européen sur la neutralité culturelle de l’Eurovision
« J’appelle au refus catégorique de l’obscurantisme promu par les tenants du boycott dans les salles de spectacles comme dans les universités. Faudrait-il, par opposition à la politique d’un gouvernement, pousser la bêtise jusqu’à interdire les romans de David Grossman, les films d’Amos Gitaï, les concerts d’Avishai Cohen et de Daniel Barenboïm ? », a-t-il ajouté.
« La situation à Gaza, malgré le cessez-le-feu et l’approbation du processus de paix, ainsi que l’utilisation du concours à des fins politiques par Israël rendent de plus en plus difficile le maintien de l’Eurovision en tant qu’événement culturel neutre », avait déclaré jeudi le secrétaire général de la chaîne de télévision publique espagnole RTVE, Alfonso Morales.
Israël a été accusé d’ingérences et d’instrumentalisation politique du concours. Sous pression des appels au boycott, l’UER avait annoncé, le 21 novembre, une modification des règles du télé-crochet et un renforcement des efforts pour « détecter et prévenir toute activité de vote frauduleuse ou coordonnée ». D’autres mesures ont été annoncées jeudi pour renforcer la transparence du concours.








16 commentaires
L’Eurovision est censé être un événement joyeux et unificateur. Pourquoi mêler des controverses géopolitiques ?
C’est impossible d’être joyeux quand des pays kärent les droits humains.
L’UER a clairement évité de prendre position sur Israël, ce qui est sage. L’Eurovision n’est pas un tribunal politique.
Eduquer le public sur les enjeux est important, même en musique.
La participation d’Israël à l’Eurovision est un symbole longtemps conteste. La France aurait pu être plus nuancé dans son soutien.
Nuançé ? La France a choisi un camp, c’est tout. La neutralité n’est qu’une illusion.
Dommage que certains pays retirent sans donner une seconde chance à Israël. La musique devrait transcender les conflits.
La musique ne transcende rien quand des enfants meurent sous les bombes.
La décision de la France de soutenir Israël à l’Eurovision est maladroite. La culture ne devrait pas servir de champ de bataille politique.
La culture a toujours été politique, c’est ce qui la rend intéressante.
La décision française montre qu’elle privilégie les liens diplomatiques aux valeurs humanitaires. Très décevant.
Les diplomates ne voient que les intérêts des États, jamais ceux des peuples.
Pourquoi la France ne propose-t-elle pas de boycott en signe de protestation ? Les actes ont plus d’impact que les mots.
Parce que la France a peur de froisser Israël. La peur ne fait pas une politique étrangère.
La France doit respecter ses engagements européens, même si certains pays donnent dans le populisme.
Le populisme est peut-être de soutenir un régime qui opprime.