Listen to the article

0:00
0:00

Espaces « no kids », violences sexuelles, protection de l’enfance : les droits des enfants sont « régulièrement bafoués » en France, déplore le Défenseur des enfants, Eric Delemar, appelant à un « sursaut politique. »

Dans un entretien accordé à l’Agence France-Presse (AFP), vendredi 23 janvier, l’adjoint de la Défenseure des droits, Claire Hédon, alerte sur le coût « humain, psychologique et économique » du manque de considération d’une jeunesse « de plus en plus stigmatisée ». « On déconsidère nos enfants, les enfants ne sont jamais la priorité, ils n’ont pas le droit de vote donc ils ne comptent pas, et pourtant ils sont plus de 14 millions dans notre société », souligne Eric Delemar.

« La jeunesse n’a jamais été aussi contrainte qu’aujourd’hui : on la stigmatise, on ne supporte plus que les enfants jouent dans la rue, qu’ils fassent du bruit, et en même temps on leur reproche d’être sans arrêt sur les écrans, à la maison, donc on est dans des injonctions paradoxales », ajoute-t-il.

« Coût humain, psychologique et économique »

La question de la place des enfants dans la société a resurgi cette semaine avec la polémique soulevée par la SNCF et sa nouvelle classe affaires Optimum « sans enfants ». Sans s’exprimer sur le cas spécifique de la SNCF, le Défenseur des enfants a jugé la tendance des espaces no kids (« sans enfants ») « scandaleuse ». « Qui oserait dire aujourd’hui qu’il faut interdire tel espace de transport, tel espace public, à telle catégorie d’adultes ? », s’est-il interrogé.

En matière de protection de l’enfance, « on est régulièrement rappelés à l’ordre : on ne protège pas les enfants suffisamment vite, et quand ils vont parler on ne les écoute pas », déplore Eric Delemar, faisant état d’« à peine 2 % des enfants victimes de violences sexuelles qui verront leur agresseur condamné ».

Loin d’être anodine, cette absence de considération des enfants en France a, selon lui, un « coût humain, psychologique et économique ». « On sait que les enfants impriment les difficultés, les maltraitances » et que « cela va avoir des conséquences sur leurs apprentissages et leur bien-être », ajoute-t-il. Or, on a « des politiques publiques qui sont court-termistes, on ne s’adresse pas aux générations précédentes, aux générations suivantes, on s’adresse aux élections prochaines », dénonce-t-il, appelant à un « sursaut politique » alors que les « droits des enfants [sont] régulièrement bafoués ».

Autorité indépendante chargée de veiller au respect des droits, le Défenseur des enfants reçoit en moyenne chaque année plus de 4 000 saisines, notamment sur des atteintes aux droits à l’école, « des enfants en danger non repérés » et « des décisions non mises en œuvre ».

Partager.

Salle de presse de TheNews.re. Nous couvrons l'actualité réunionnaise et internationale avec rigueur et objectivité. Notre mission : informer les citoyens avec des analyses approfondies sur la politique, la société, l'économie et la culture.

9 commentaires

Laisser une réponse