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Avec ses amis Ilya Kabakov (1933-2023) et Oleg Vassiliev (1931-2013), Erik Boulatov a contribué au renouveau de l’art contemporain en Russie, relevant le flambeau des avant-gardes étouffées par des décennies de réalisme socialiste stalinien. Ses tableaux, mêlant de gigantesques phrases (en cyrillique) et des paysages, ont fait le tour du monde et figurent dans tous les grands musées. Erik Boulatov est mort dimanche 9 novembre à Paris, où il était installé depuis 1991. Il avait 92 ans.
Né le 5 septembre 1933 à Sverdlovsk (aujourd’hui Iekaterinbourg, dans l’Oural), il suit des études à Moscou, où sa famille est venue vivre lorsqu’il était encore enfant. Il se forme à l’art entre 1947 et 1952 à l’Ecole de peinture, sculpture et architecture, puis, jusqu’en 1958, au très rigoureux Institut des beaux-arts Sourikov, où l’on enseigne strictement la tradition académique, condition nécessaire à la pratique du réalisme socialiste : une peinture figurative représentant des sujets imposés par le Parti, tellement barbante et bas de plafond qu’elle inspirera à André Breton un article, dirigé contre Louis Aragon, intitulé « Pourquoi nous cache-t-on la peinture russe contemporaine ? ».
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5 commentaires
Dommage qu’il ait dû quitter la Russie pour exprimer pleinement son talent. Une tragédie du siècle dernier.
Effectivement, le réalisme socialiste a étouffé bien des talents. Heureusement, l’art a trouvé un moyen de survie.
Ses œuvres mêlant texte et paysage restent d’une modernité fascinante. Comment expliques-tu cette singularité ?
Une perte énorme pour le monde de l’art contemporain. Boulatov était un visionnaire dont les œuvres transcendent les frontières.
Tout à fait d’accord. Son héritage continuera d’inspirer les générations futures.