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Un grand homme de théâtre est mort. Il n’était ni auteur, ni metteur en scène, ni comédien, mais créateur – facteur, dit-on dans le métier – de masques, des masques sans lesquels le Théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine, notamment, n’aurait pas été ce qu’il est. Le Suisse Erhard Stiefel est mort, le 14 février, à Paris, des suites d’un cancer. Il avait 85 ans, et depuis soixante ans, dans son atelier niché tout au fond de la Cartoucherie de Vincennes, il n’avait cessé d’explorer les grandes traditions du masque – grecque, japonaise, balinaise, italienne… –, pour mieux les réinventer. Il était unanimement considéré comme le plus grand facteur de masques de théâtre, depuis la mort des Italiens Amleto Sartori (1915-1962) et de son fils Donato Sartori (1939-2016).

Erhard Stiefel, né le 9 mai 1940, à Zurich, en Suisse, avait découvert l’univers du spectacle par sa mère, qui était danseuse. A l’âge de 10 ans, il voit La Flûte enchantée, de Mozart, et, impressionné par la forêt recréée sur scène, se dit qu’il deviendra décorateur de théâtre. Mais il est vite rattrapé par les arts plastiques, et étudie d’abord à l’Ecole des beaux-arts de Zurich. La question du masque le rattrape et, au milieu des années 1960, il atterrit à Paris, à l’Ecole de Jacques-Lecoq (1921-1999). Une école bien particulière – suivie également par Ariane Mnouchkine –, qui met en avant l’expressivité du corps du comédien, avec le mime, la marionnette ou le masque.

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