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Poivre, paprika, sucre, cacao, engrais, poudre de brique, résidus de plastique, petits morceaux d’un piano : les étiquettes des petits flacons soigneusement alignés sur la table de la police antidrogue colombienne disent la créativité des trafiquants pour passer de la cocaïne. Dans l’entrepôt du port de Carthagène, le chien Milan fait une démonstration de ses talents et déniche un petit paquet de poudre blanche entre les dizaines de cartons fraîchement déballés d’un conteneur. L’amiral Carlos Hernando Oramas, commandant de la Force navale des Caraïbes, explique que le deuxième port de Colombie est aussi le plus sécurisé. Tous les conteneurs sont scannés avant d’être embarqués sur les navires. Plus de 20 tonnes de cocaïne ont été saisies ici en 2024, sur les 889 tonnes saisies dans le pays, de source officielle.
En visite en Colombie, le ministre de l’Europe et des affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot, s’est félicité, dimanche 9 novembre, des résultats « exceptionnels » de la coopération avec les autorités colombiennes en matière de lutte contre la drogue. « Le narcotrafic et la criminalité organisée submergent notre pays, avec des conséquences majeures pour la santé publique mais aussi pour la sécurité des Français et des Françaises, déclare M. Barrot. Le problème trouve son origine dans la région des Caraïbes. C’est donc ici qu’il faut venir éradiquer le mal à la racine. » En sourdine, un journaliste s’indigne : « Le mal, c’est nous ? » Premier fournisseur mondial de cocaïne, la Colombie souffre de son image de pays à problèmes. Elle produit 5 % des drogues consommées dans le monde.
A l’occasion de sa tournée latino-américaine, entre le 6 et le 10 novembre, qui l’a aussi mené au Mexique, M. Barrot a présenté son « plan de bataille » pour lutter contre le narcotrafic. Celui-ci repose sur la signature de nouveaux accords de coopération bilatérale dans la région, l’augmentation de 20 % des effectifs des ambassades spécialisés dans la lutte contre le narcotrafic, la création d’une académie régionale – en République dominicaine – pour former des agents locaux et sur la proposition d’un régime européen de sanctions contre les narcotrafiquants et les criminels.
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20 commentaires
La problématique de la cocaïne dépasse largement le cadre de la Colombie, c’est un défi multinational.
Absolument, il faudrait une approche plus coordonnée au niveau international.
Il est intéressant de voir que Carthagène, malgré sa vigilance, reste un point névralgique du trafic.
Cela soulève la question de l’efficacité des contrôles dans un contexte globalisé.
Les efforts locaux sont louables, mais sans une régulation mondiale, les trafics continuent de prospérer.
C’est une réalité difficile à accepter, mais elle s’impose à nous.
Les 20 tonnes saisies à Carthagène représentent une goutte d’eau dans l’océan du trafic mondial.
C’est triste, mais les chiffres donnent le vertige.
Le ministre français a raison, mais il faudrait aussi des mesures pour réduire la demande en Europe.
Tout à fait, les consommateurs européens finissent par alimenter ce marché illicite.
La coopération franco-colombienne semble porter ses fruits, mais les saisies restants marginales face à la production.
Exact, c’est un peu comme essayer d’éteindre un incendie avec un verre d’eau.
Les chiens comme Milan sont essentiels pour détecter ces substances, mais ça coûte cher aux contribuables.
Vrai, mais c’est un mal nécessaire face à ce fléau mondial.
Les méthodes de contrebande deviennent de plus en plus ingénieuses, ce qui complique la tâche des forces de l’ordre.
C’est un jeu de chats et de souris sans fin, malheureusement.
Laความสัมพันธ์ entre la France et la Colombie sur ce sujet semble étrangement tendue, alors que les deux pays ont tout intérêt à collaborer.
C’est vrai, surtout avec les enjeux sanitaires et sociaux qui découlent de ce trafic.
La diversité des cachettes pour la cocaïne est impressionnante, mais cela montre aussi l’ampleur du problème.
Oui, mais on se demande si la répression seule suffira un jour à résoudre cette crise.