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Cela ressemble à un mot d’enfant. « Dis maman, c’est quoi le premier animal ? » Mais, comme souvent, la question naïve cache une interrogation d’une grande complexité, voire d’une profondeur abyssale. Celle-là n’y fait pas exception. Y répondre impose de plonger vers les racines de l’arbre du vivant, ou du moins vers ses premières ramifications, ce moment où un organisme unicellulaire s’est mué en être pluricellulaire. On devine l’exploration aride. Elle est en réalité tempétueuse, d’une furieuse actualité, tant elle divise la communauté en camps opposés, parfois même hostiles.

D’un côté, les partisans des éponges, souvent présentées comme la créature la plus sommaire du règne animal. Un groupe de quelque 9 000 espèces, toutes dépourvues de système nerveux, de muscles, de tube digestif. Cette simplicité fait d’elles des candidates idéales au titre de premier animal. De l’autre, les cténophores : 150 espèces connues, peuplant toutes les mers du globe. Les Anglo-Saxons leur ont donné le joli nom de « gelée à peigne » (comb jelly), façon de résumer tout à la fois leur apparence translucide et gélatineuse, ainsi que leurs modes de déplacement et d’alimentation, réalisés au moyen de rangées de cils. Car, non seulement ils se déplacent, mais ils sont dotés de neurones, de muscles et même d’un système excréteur pour évacuer le plancton qu’ils ingèrent.

Deux camps que presque tout oppose. D’un côté, nombre de zoologistes et de biologistes de l’évolution qui mettent en avant la « parcimonie » de leur scénario. L’histoire évolutive, depuis l’apparition de la vie sur Terre, n’est-elle pas un long chemin vers toujours plus de complexité ? De l’autre, de nombreux partisans de la phylogénomique, cette science relativement récente – moins de trois décennies – qui arpente l’arbre du vivant, ses branches et ses rameaux, en comparant les génomes des espèces. La division est évidemment sommaire. En Europe, beaucoup de phylogénéticiens défendent l’hypothèse de l’« éponge espèce sœur » (ou groupe frère) – comprendre : sœur de toutes les autres espèces car séparée d’elles par le tout premier embranchement.

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10 commentaires

  1. Claire O. Dubois le

    Interesting update on Eponges ou cténophores ? Duel au plus profond du vivant pour le titre de premier animal. Curious how the grades will trend next quarter.

  2. Louis M. Bernard le

    Interesting update on Eponges ou cténophores ? Duel au plus profond du vivant pour le titre de premier animal. Curious how the grades will trend next quarter.

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