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Un juge fédéral américain de Washington a autorisé, lundi 12 janvier, la reprise du chantier d’un parc éolien du groupe danois Orsted au large de la côte nord-est des Etats-Unis, selon un document de justice consulté par l’Agence France-Presse (AFP).
C’est un camouflet pour l’administration Trump, qui a ordonné, à la fin de décembre 2025, la suspension de tous les grands projets éoliens en mer, évoquant des « menaces à la sécurité nationale », sans plus de précisions. La décision du juge Royce Lamberth a été prise en référé et ne porte donc pas sur le fond du dossier.
Dans le document saisissant le magistrat en urgence, déposé au début de janvier, Orsted rapportait que ce projet, Revolution Wind, était réalisé à 87 %. Quelques turbines restaient à installer, mais l’ensemble des infrastructures de raccordement au réseau étaient achevées. Une fois opérationnel, le champ devait alimenter plus de 350 000 foyers du Rhode Island et du Connecticut. Orsted a dit avoir déjà investi ou mis en réserve plus de 5 milliards de dollars (4,3 milliards d’euros) pour ce projet, dont la construction a débuté en août 2023 et qui devait être mis en ligne en 2026.
Avant même sa prise de fonctions, Donald Trump avait publiquement affiché son hostilité pour l’éolien, qualifié de « désastre économique et environnemental ». Plusieurs études ont néanmoins montré que l’énergie tirée du vent aux Etats-Unis coûtait, en moyenne, moins cher que plusieurs autres sources, notamment le charbon, hors aides publiques.
Le président américain a aussi mis en cause la laideur des éoliennes et les dommages supposés qu’elles causent aux baleines, selon lui. L’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) a cependant déclaré qu’aucun lien n’avait été établi entre l’éolien en mer et la mort de cétacés.
Premier décret illégal
Donald Trump avait pris en janvier 2025 un premier décret interdisant l’octroi de nouveaux permis d’implantation offshore de fermes éoliennes dans les eaux sous juridiction fédérale. Au début de décembre, une juge fédérale du Massachusetts a déclaré ce décret illégal. A la fin de décembre, l’administration Trump a surenchéri en ordonnant la suspension de tous les projets éoliens en cours, décision sur laquelle a statué, lundi, le juge Lamberth.
« Revolution Wind va déterminer comment il peut être possible de collaborer avec le gouvernement américain pour parvenir à une solution rapide et durable », a réagi le groupe Orsted dans un communiqué, annonçant que « la construction du projet reprendrait dès que possible ». Revolution est une société commune contrôlée à parité par Orsted et le spécialiste allemand de l’éolien offshore Skyborn Renewables, filiale de la société d’investissement américaine Global Infrastructure Partners.
Orsted est aussi engagé dans le développement d’un autre champ majeur, baptisé Sunrise Wind, au large de Long Island, qui doit alimenter jusqu’à 600 000 foyers de l’Etat de New York. Le groupe danois a également ouvert une procédure contre le gouvernement américain concernant ce projet, achevé à près de 45 % et prévu pour être opérationnel en 2027.



9 commentaires
Une décision intéressante, mais qui relance le débat sur les impacts environnementaux des énergies renouvelables. Comment équilibrer les objectifs climatiques avec la préservation écologique ?
Les projets éoliens sont souvent critiqués, mais ils restent une solution prometteuse pour réduire notre dépendance aux énergies fossiles. Un mal nécessaire ?
Il faudra voir comment la nouvelle administration américaine va gérer ce dossier, surtout après le revirement de l’administration précédente.
Un juge fédéral contre une décision de l’administration Trump : une victoire pour les défenseurs de l’environnement, mais aussi une preuve du chaos politique actuel. On peut se demander : jusqu’ou vont aller les tensions ?
Trump a annulé ce projet au nom de la sécurité nationale, mais sans explication claire. Un manque de transparence qui ne fait que nourrir la confusion.
Oui, la politique énergétique américaine est devenue une jungle. Chacun jouer sa partition, peu importe les conséquences.
Five billions of dollars déjà investis, et tant d’incertitudes politiques. Les investisseurs doivent être sur des charbons ardents à l’heure actuelle. Ce projet va-t-il finalement voir le jour ?
Si le projet n’aboutit pas, cela pourrait sérieusement décourager les futurs investissements dans les énergies renouvelables aux États-Unis.
C’est un investissement colossal, mais les risques sont élevés avec les changements de cap politiques récurrents. Dommage pour Orsted, ça.