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Trois à quatre cents personnes se sont rassemblées, dimanche 18 juin, en hommage à El Hacen Diarra, un Mauritanien de 35 ans mort dans la nuit de mercredi à jeudi pendant sa garde à vue dans le commissariat du 20arrondissement de Paris. Les participants ont observé une minute de silence au pied du foyer de travailleurs migrants où il résidait, et devant lequel il a été interpellé, à deux pas du cimetière du Père-Lachaise. « Il était venu chercher son pain en France, le voilà parti à jamais », a déclaré son grand frère, Ibrahima Diarra.

El Hacen Diarra, qui résidait depuis plusieurs années dans ce foyer, était un Soninké, originaire de Baydam, proche de la frontière avec le Mali et du Sénégal, ont rapporté ses proches à l’Agence France-Presse. « Il était très calme, gentil, souriant et discret. Un peu dans son monde. C’était un artiste de formation, qui sortait chaque soir boire le café sur le muret » en bas du foyer, a raconté Ladi Sacko, l’un de ses voisins. « Les étrangers qui vivent dans les foyers ne sont pas des animaux, ce sont des travailleurs qui ont quitté leur pays pour subvenir aux besoins de leur famille, pas pour se faire tuer. On compte sur l’Etat pour rendre justice », a-t-il ajouté.

« Des preuves accablantes »

Le parquet a ouvert une enquête pour « recherche des causes de la mort ». La famille dénonce des violences policières, vidéo à l’appui, et son avocat, Me Yassine Bouzrou, a déposé plainte pour « violences volontaires ayant entraîné la mort ».

Sur la vidéo diffusée par les proches, on distingue deux policiers, dont l’un, à genoux, donne deux coups de poing en direction d’un homme plaqué au sol, avant l’arrivée de leurs collègues en voiture, une minute plus tard. Un appel à témoignages a été lancé par les proches.

« On ne laissera pas faire encore une fois », a lancé Assa Traoré, dont le frère Adama est mort en 2016 dans une caserne de gendarmerie, devenue une figure du militantisme contre les violences policières. « Le son de la vidéo a été analysé, il dit : “vous m’étranglez, vous m’étranglez, vous m’étranglez” », a également noté Assa Traoré.

Samedi, Me Yassine Bouzrou a annoncé avoir déposé plainte « face à l’absence de saisine d’un juge d’instruction par la procureure de la République, alors que les circonstances de ce drame sont marquées par des preuves accablantes ».

Plusieurs élus de la gauche parisienne étaient présents au rassemblement, dont la candidate de La France insoumise à la Mairie de Paris, Sophia Chikirou, qui a appelé au « combat politique contre le racisme, les discriminations, pour la vérité et la justice ».

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