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La surpopulation au centre pénitentiaire de Baie-Mahault, en Guadeloupe, est « dramatiquement élevée », a alerté, mardi 20 janvier, le contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL), relevant notamment que plus de 160 détenus y dorment sur des matelas au sol, parfois « installés sur la table et le réfrigérateur », faute d’espace.

« La surpopulation est dramatiquement élevée et entraîne des atteintes graves aux droits fondamentaux des personnes détenues », note le CGLPL dans ses « recommandations en urgence » publiées au Journal officiel. Lors d’une visite à l’automne 2025, les contrôleurs ont constaté un taux d’occupation de 251 % à la maison d’arrêt pour hommes, avec 435 détenus pour 173 places. Quelque 167 prisonniers dormaient « sur un matelas posé au sol ou sur du mobilier précaire », selon le rapport.

Dans la quasi-totalité des cellules, les détenus disposent de « moins de 3 mètres carrés de surface individuelle », seuil en dessous duquel la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) présume une violation des droits fondamentaux. « Parfois, il ne reste aucun espace pour se mouvoir et il arrive même que l’espace au sol soit insuffisant pour accueillir un matelas », écrit le CGLPL, qui accompagne son rapport de photos montrant notamment un détenu dormant sur un matelas à cheval entre une table et un réfrigérateur.

Les conditions sanitaires sont particulièrement préoccupantes, avec des locaux vétustes, des moisissures et une absence d’intimité dans les espaces sanitaires, relève le rapport. Le service de buanderie est défaillant, obligeant les détenus à laver leurs draps dans les lavabos à l’eau froide.

Violences répétées

Le rapport fait aussi état de violences répétées. De janvier à septembre 2025, 154 faits de violences ont été recensés en maison d’arrêt, dont dix avec arme. Un détenu s’est fait fracturer la mâchoire, un autre a été retrouvé « le visage ensanglanté » pendant la visite.

Le CGLPL s’alarme particulièrement des conditions de détention des mineurs, « inadaptées », et de lourdes « carences » dans leur prise en charge, notant que ces adolescents subissent des fouilles intégrales systématiques, ne reçoivent que quatre heures de cours par semaine au lieu des douze prévues, et disposent d’une cour « indigne », sans abri ni point d’eau.

Le CGLPL exige des « mesures urgentes » pour réduire la surpopulation, notant également que la construction en cours de 300 places supplémentaires au centre pénitentiaire de Baie-Mahault ne prévoit, par exemple, aucune salle d’activité.

La surpopulation carcérale est régulièrement dénoncée en Guadeloupe. Elle frappe aussi la prison de Basse-Terre, dont les détenus ont intégré en novembre la nouvelle maison d’arrêt qui était en chantier depuis plusieurs années.

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