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C’était le dernier rêve de titre de l’Olympique de Marseille (OM) en cette saison 2025-2026. Il s’est envolé, mercredi 4 mars, à l’issue d’une séance de tirs au but piteuse, dans un Stade-Vélodrome déprimé, qui n’a vu tomber sur sa pelouse que des sifflets et une dérisoire salve de fumigènes, symboles de la lassitude des supporteurs phocéens devant les échecs répétés de leur équipe.

L’OM est donc éliminée à l’issue de son quart de finale de Coupe de France par le Toulouse FC (2-2, 3 tirs au but à 4), après une rencontre où la fragilité mentale de l’équipe et son incapacité à se montrer à la hauteur de ses ambitions ont encore sauté aux yeux. Pour la dixième année consécutive, le club ne verra pas le dernier carré de cette compétition, laissant ce plaisir à Strasbourg, à Nice – victorieux à Lorient (0-0, 6 tirs au but à 5) en début de soirée. Et au vainqueur du dernier match restant à disputer, jeudi 5 mars : le choc entre le troisième et le second actuels de Ligue 1, Lyon et Lens.

Eliminé de façon rocambolesque en Ligue des champions après son naufrage à Bruges (0-3), l’OM a encore une fois laissé filer un match que tous les observateurs pensaient à sa portée. Il ne lui reste désormais plus que dix rencontres de championnat pour tenter de remplir son dernier objectif (le seul qui compte vraiment aux yeux de ses dirigeants car il est synonyme de rentrées financières capitales) : décrocher une qualification directe en Ligue des champions en terminant au moins troisième de Ligue 1. Avec, dès samedi 7 mars, un déplacement épineux… à Toulouse pour la 25e journée.

« Se remettre au travail »

« Dans cette situation, il faut faire face. La déception [pour les joueurs] ce soir est très importante. Mon job, ça va être de leur donner l’énergie qu’il faut demain pour se remettre au travail », expliquait après la rencontre le nouvel entraîneur de l’OM, Habib Beye, refusant de trouver des responsabilités dans les échecs de certains de ses hommes aux tirs au but. Ou dans son propre choix d’envoyer son capitaine argentin, Leonardo Balerdi, en perte totale de confiance, tenter sa chance dans cet exercice très spécial.

« Un penalty, c’est prendre ses responsabilités. Je ne juge jamais les joueurs qui y vont. Je les respecte. Malheureusement pour Leo et Ethan [Nwaneri], ils les ont ratés. Ce sont eux les plus malheureux ce soir », tentait de relativiser le coach marseillais.

L’effet positif de l’arrivée d’Habib Beye n’aura donc duré que le temps d’une victoire miraculeuse contre l’Olympique lyonnais (3-2) trois jours plus tôt. A l’OM, les problèmes restent les mêmes : la défense encaisse toujours beaucoup de buts, et l’équipe n’arrive pas à tuer les rencontres lorsqu’elle mène. Le succès face à l’OL avait pourtant calmé les esprits.

Et pour une fois, la polémique du jour au Stade-Vélodrome ne concernait pas directement le club mais le concert du rappeur américain Kanye West. Annoncé pour le 11 juin 2026, date unique en France, le passage de la star aux déclarations antisémites répétées a provoqué les réactions du maire, Benoît Payan, et de ses opposants divers droite ; tous ont demandé à la filiale du club qui gère l’enceinte sportive, Mars 360, l’annulation du show.

Toulouse a su exploiter les faiblesses de son hôte

Mercredi soir, malgré le regain d’enthousiasme et les 40 % de remise sur les billets pour la soirée consentis par l’OM, le Vélodrome était loin d’être aussi bondé que d’habitude. Comme lors de sa précédente venue, en novembre 2025, pour un match de Ligue 1 (2-2), Toulouse a parfaitement su exploiter les faiblesses de son hôte, notamment son incroyable incapacité à maîtriser son espace aérien sur les corners.

Les deux buts toulousains sont venus de coups de tête du stoppeur anglais Charlie Cresswell et du milieu offensif Yann Gboho, que la défense phocéenne et le gardien Geronimo Rulli, ont laissé régner dans leur surface de réparation. « Dans toutes les situations de coups de pied arrêtés, on a manqué d’agressivité et on n’a pas été assez conquérants. Sur ce combat pour éviter de prendre des buts, on a été défaillants », a reconnu Habib Beye, qui avait pourtant averti ses troupes de l’efficacité de leurs adversaires dans ce domaine.

Parmi les rares satisfactions de la soirée, le coach marseillais pourra conserver précieusement le match de son attaquant anglais Mason Greenwood, toujours aussi déstabilisant. Et surtout celui du Brésilien Igor Paixao, qu’il avait choisi de titulariser. Les deux ont marqué. Une talonnade délicieuse a ainsi permis à l’OM d’obtenir un penalty dès la première minute, transformé par Greenwood. Des accélérations ont aussi laissé sur place le Toulousain et ex-international français Djibril Sidibe, qui, à 33 ans, est pourtant loin d’être un débutant.

Un but d’exception, en milieu de seconde période, marqué par Paixao de l’extérieur de la surface de réparation d’une incroyable frappe enroulée. Le Brésilien a encore permis à l’OM de surnager. Mais, remplacé à quelques minutes de la fin du match, il n’a pas pu endosser le costume du sauveur lors de la séance de tirs au but, comme il l’avait fait trois jours plus tôt contre Lyon.

Après cette nouvelle déception, les supporteurs marseillais ne pourront pas aller demander les têtes du trio qui dirigeait encore le club au tournant de l’année : elles sont déjà tombées. Pablo Longoria n’est plus président de l’OM, remplacé pour un intérim par le directeur financier, Alban Juster. L’entraîneur Roberto De Zerbi a quitté le club le 11 février. Seul reste le directeur du football, Medhi Benatia, qui a dit surseoir à sa démission jusqu’à la fin de la saison. Citée dans Le Journal du dimanche du 1er mars, la vice-présidente du conseil de surveillance de l’OM, Shéhérazade Semsar de Boisséson, assurait que la priorité « est d’assurer la stabilité du club au niveau sportif ». Un travail qui reste largement en chantier.

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