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La finale dames de l’Open d’Australie s’annonçait comme un duel de cogneuses, entre la Biélorusse Aryna Sabalenka, 27 ans, et la Kazakhe Elena Rybakina, 26 ans, connues pour la puissance de leurs frappes. La promesse d’un rendez-vous d’autant plus spectaculaire, qu’aucune des deux tenniswomen n’avaient jusque-là concédé le moindre set dans cette édition 2026.
Le public de la Rod Laver Arena de Melbourne a assisté, samedi 31 janvier, à un face-à-face renversant, de près de 2 h 20, conclu par la victoire d’Elena Rybakina (6-4, 4-6, 6-4) pourtant menée 3-0 dans la troisième manche. La Kazakhe réputée pour son impassibilité pouvait laisser éclater sa joie. Elle s’offre son premier sacre dans le tournoi, son deuxième en Grand Chelem, après Wimbledon 2022. Sa dixième victoire de rang, aussi, contre une membre du Top 10.
Après la balle de match, Aryna Sabalenka a vite regagné son banc, enfouissant sa tête dans sa serviette, les yeux gorgés de larmes. La numéro un mondiale voit ses rêves d’un troisième triomphe aux antipodes, après 2023 et 2024, et d’un cinquième en Majeur (avec l’US Open 2024 et 2025), envolés. Et ses vilains fantômes rejaillirent.
L’an passé, elle avait laissé échapper le titre au profit de l’Américaine Madison Keys, battue (3-6, 6-2, 5-7). La fin d’une série de 20 victoires consécutives à Melbourne. Et elle était bien décidée à ne plus se laisser polluer par la « frustration ». Celle qui l’a fait passer à côté de cinq sacres en 2025. A Roland-Garros, où elle s’est inclinée en trois sets face à Coco Gauff (7-6, 2-6, 4-6), après avoir pourtant éliminé, en demies, la Polonaise Iga Swiatek, triple tenante du titre. Au Masters WTA, tournoi de fin de saison réunissant les huit meilleures joueuses de la saison, déjà contre Elena Rybakina (3-6, 6-7).
« Je sais en fait ce qui n’allait pas dans toutes ces finales que j’ai jouées et que j’ai perdues, avait expliqué la numéro un mondiale en conférence de presse avant la rencontre de ce samedi. Je dirais que l’année dernière a été riche en leçons, en choses à apprendre sur moi-même, et que cela ne se reproduira définitivement pas cette saison. »
Une dynamique inversée
Dès le début du match, la Biélorusse a été confrontée à ses anciens démons. Un break d’entrée, puis deux balles de débreak, à 4-3, toutes deux effacées d’un ace par son adversaire du jour. Il a fallu attendre le dixième jeu de la rencontre pour qu’elle signe son premier retour gagnant de la partie, d’un décalage de revers (5-4, 0-15). Mais cela n’a pas suffi : après 37 minutes passées sur le court, Elena Rybakina s’adjugeait la première manche.
Et c’est avec le visage fermé qu’Aryna Sabalenka faisait son retour derrière le filet pour le deuxième set. Le premier jeu expédié, ses traits se sont progressivement relâchés alors qu’elle s’offrait, dans le second, l’occasion de prendre enfin les devants. Ses trois balles de break seront sauvées par Elena Rybkina, qui finira par le remporter après 10 minutes d’un âpre combat. Mais tout le travail mental réalisé par la Biélorusse finit par payer. Profitant des quelques défaillances de son adversaire côté coup droit et capable d’élever le niveau en fond de court, elle a enfin pris son service pour s’offrir la manche avec la manière : un jeu blanc.
La dynamique semblait s’être inversée. Dans le set décisif, la numéro un mondial prend le premier service de la Kazakhe (2-0). L’affaire semblait pliée. Mais Elena Rybakina parvient à débreaker à 2-3, avant de remporter sa mise en jeu et recoller au score. Puis de prendre un avantage (4-3) qu’elle ne lâchera pas. Et sa première balle de match fut la bonne, scellant sa victoire d’un ace.
Un long trou d’air
L’affiche de cette finale, comme son scénario, avait des airs de déjà-vu. Les deux joueuses s’étaient déjà affrontées à ce stade à Melbourne. C’était en 2023. Mais c’est la Biélorusse qui l’avait alors emporté en trois sets : 4-6, 6-3, 6-4. A l’époque, les spécialistes prédisaient l’émergence d’un « Big Three » régnant sur le circuit féminin : Aryna Sabalenka, Iga Swiatek et Elena Rybakina.
Mais si les deux premières ont confirmé les attentes – la Polonaise, battue en quarts à Melbourne par la Kazakhe et numéro deux mondiale, compte à son palmarès quatre Roland-Garros, un Wimbledon et un US Open –, la troisième, elle, a connu un long trou d’air.
L’attention publique avait été attirée sur elle par une enquête de la WTA concernant ses relations, jugées nocives, avec son entraîneur Stefano Vukov. Suspendu en janvier 2025 pour des faits de maltraitance sur la joueuse, le coach n’a jamais quitté son entourage, mais ne pouvait plus se rendre dans les infrastructures des tournois. Avant d’y faire son retour, il y a six mois. Il a été récompensé, à Melbourne, ce 31 janvier, pour le parcours d’Elena Rybakina. Un parcours qui permet à cette dernière de faire son retour, dès lundi, dans le Top 3 mondial.










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