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La direction de l’équipementier automobile Dumarey Powerglide, qui avait déjà supprimé plus de 200 emplois récemment, a annoncé mercredi aux représentants du personnel son intention de fermer son usine strasbourgeoise en 2026, entraînant la suppression de 320 autres emplois, ont déclaré des responsables syndicaux jeudi 8 janvier.

« Il y a cessation d’activité pour l’usine », a déclaré jeudi à l’Agence France-Presse (AFP) Malek Kirouane, délégué syndical CGT, confirmant une information des Dernières Nouvelles d’Alsace. « Là, c’est la liquidation de 320 salariés directs. Je ne compte pas les indirects parce qu’on a des prestataires aussi. L’impact va être énorme. Sachant qu’il n’y a même pas un an il y a eu déjà un PSE », supprimant 234 emplois.

Le client principal de l’usine – « à 95 % » selon les syndicats – était l’équipementier allemand ZF, qui a choisi d’internaliser sa production de composants et de boîtes de vitesses, mettant fin prématurément au contrat qui le liait à Dumarey. Cela a entraîné une perte de chiffre d’affaires de l’entreprise de l’ordre de 84 %, a dit à l’AFP Laurent Julien, secrétaire CFDT du CSE.

« Crise structurelle »

Contactée par l’AFP, l’entreprise n’a pas répondu pour l’instant. Le président de Dumarey Powerglide Strasbourg, Arnaud Bailo, a toutefois confirmé aux Dernières Nouvelles d’Alsace ce projet qui « devient “inévitable et s’impose à [eux]” dans un contexte de “crise structurelle majeure” du secteur automobile ».

Après le PSE de l’an dernier, la direction du site avait évoqué des pistes pour de nouveaux projets, mais la société était « tellement endettée » qu’elle ne pouvait plus « être crédible pour quoi que ce soit », a souligné M. Kirouane.

« Ils disent qu’ils n’ont plus d’argent, qu’il y a une crise automobile, que les Chinois ont pris tous les marchés… Tous les arguments sont bons. Mais le problème, c’est que stratégiquement ils ont merdé », même quand la santé financière de l’entreprise était bonne, a encore estimé le responsable syndical.

Concrètement, « trois vagues » de licenciements auront lieu en 2026, selon lui : une centaine le 1er juin, environ 200 le 1er août, et les derniers en fin d’année.

« On avait des gens en larmes en face de nous » à l’annonce de la nouvelle aux salariés mercredi, a-t-il rapporté.

L’entreprise, qui appartient au groupe belge Dumarey (anciennement Punch), produit historiquement des composants et des boîtes de vitesses pour différents équipementiers automobiles.

Les plans sociaux se sont multipliés ces dernières années chez les fabricants de pièces automobiles en France et en Allemagne. Le secteur de l’industrie automobile et des équipementiers est en proie à une crise, déclenchée par une baisse des ventes de voitures, notamment en Europe et en Chine, qui constitue le marché principal des fabricants européens.

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5 commentaires

  1. Chloé Thomas le

    Une nouvelle fermeture d’usine qui montre à quel point le secteur automobile traverse une période difficile. Les employés de Dumarey Powerglide paient un lourd tribut.

  2. Sophie Bernard le

    La concurrence internationale et la réorganisation des chaînes de valeur expliquent en partie cette décision. Quels sont les moyens prévus pour accompagner les salariés affectés ?

    • Chloé D. Bernard le

      La région doit aussi se mobiliser pour attirer de nouveaux projets économiques. La reconversion de ces équipes est un réel enjeu.

    • Les plans de sauvegarde sont souvent insuffisants face à ce genre de fermeture. J’espère que les employés bénéficieront d’un accompagnement solide.

  3. Chloé Moreau le

    Une situation tragique qui illustre les difficultés des sous-traitants dans un marché dominé par des géants. Cette fermeture va avoir un impact terrible sur l’emploi local.

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