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C’est l’éléphant au milieu de la pièce. Plus le temps passe, plus il grossit, plus on ne voit que lui. Au rythme de ses décisions et des ses excès (chantage sur les droits de douane, visées sur le Groenland, application brutale de sa politique anti-immigration), Donald Trump sature l’espace politico-médiatique sur la scène mondiale, y compris en France, où les enjeux domestiques apparaissent soudain dérisoires.
Un effet d’optique renforcé par la paralysie de l’exécutif, privé de majorité, et donc empêché de réformer. Le vide ici, face au trop-plein là-bas : un volontarisme musclé, accompagné de mensonges, de vociférations et de brutalités de tous ordres, orchestrés par un « génie de la captation de l’attention », selon les mots de l’essayiste Pierre-Yves Bocquet, ancienne plume de François Hollande à l’Elysée. « Le monde est sous emprise », observe l’ancien premier ministre Dominique de Villepin, quand les conseillers d’Emmanuel Macron notent que « le salon des Français est devenu ovale ».
Face aux bouleversements induits (éclatement de l’ordre mondial, remise en cause des principes démocratiques), chacun est contraint de se positionner. Les Français le font : selon le directeur général de l’IFOP, Frédéric Dabi, ils sont désormais une majorité à penser que les Etats-Unis seront pour la France une « menace militaire » dans les années à venir. Pour les responsables politiques, le président des Etats-Unis sert de révélateur.
Positionnement complexe
Jusqu’alors peu disert sur l’international, Gabriel Attal a profité de l’enlèvement de Nicolas Maduro au Venezuela, le 3 janvier, pour affirmer une doctrine : l’inanité du droit international et la nécessité de renouer avec la « puissance » dans un monde où s’impose la loi du plus fort. L’ancien premier ministre a été aussitôt contredit par sa prédécesseure à Matignon, Elisabeth Borne, qui a dénoncé « l’allégeance à la force comme nouvelle norme des relations internationales » et appelé à rester fidèle au droit. De son côté, Marine Le Pen a surpris en appelant au respect du droit international et en affirmant que la souveraineté des Etats n’était « jamais négociable ». Chacun est pris à contre-pied. Trump fait bouger les lignes.
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20 commentaires
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