Listen to the article
Roumania Elieva répond du tac au tac, comme une évidence : « Personne ne veut de l’euro, ici. » Devant sa minuscule échoppe de chaussons, qu’elle tient depuis trente ans, la commerçante partage l’agacement général qui règne dans ce quartier pauvre de la banlieue de Sofia. Le 1er janvier, la Bulgarie abandonne sa monnaie, le lev, pour adopter l’euro, mais les célébrations seront limitées. « Ici, les salaires sont bas, les factures s’envolent, tout l’argent part dans la nourriture et l’électricité. Alors, les gens ont peur que l’euro ne vienne encore augmenter les prix », poursuit Mme Elieva. Ce matin-là, elle n’a vendu qu’une seule paire de chaussons.
Au « marché coopératif » de Sofia, un nom hérité de l’époque communiste, impossible de trouver une voix favorable au passage à la monnaie unique. Dans ces ruelles remplies de tout petits magasins aux allures de capharnaüm, il est question du coût de la vie qui s’envole, de salaires qui tournent autour de 500 euros par mois, de la concurrence « injuste » du « supermarché chinois » (une improbable grande surface a été ouverte par une famille chinoise, offrant de la marchandise mieux présentée et moins chère)… Dans ces conditions, les Bulgares sont profondément divisés : 51 % se déclarent contre l’euro, 40 % pour.
Il vous reste 87.92% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.









16 commentaires
Le passage à l’euro doit être accompagné de mesures pour protéger les plus vulnérables. Sinon, cela risquerait d’aggraver les inégalités.
Tout à fait d’accord, il faut des politiques pour contenir l’impact sur les prix.
La transition vers l’euro arrive dans un contexte économique difficile pour la Bulgarie. Entre la hausse des coûts et les salaires modestes, la moyenne des Français peut difficilement comprendre ces réalités.
Effectivement, les défis économiques sont bien plus grands que ceux rencontrés dans la zone euro.
La Bulgarie rejoint l’euro alors que son budget est en crise. Quels avantages concrets espère-t-elle en tirer dans cette situation ?
Quelle position sur l’euro perdure en Bulgarie ? Ceux qui étaient précédemment favorable doivent-ils déténir un avantage ?
Pourquoi cette transition maintenant, alors que la Bulgarie traverse une crise politique ? Est-ce vraiment le bon moment ?
D’après l’article, même ceux qui n’ont pas de sympathie particulière pour la Krone devrait hésiter à adopter une devise aussi volatile que l’euro.
Un autre aspect à surveiller, c’est l’impact sur les prix des exportations, notamment les produits énergétiques. Cela pourrait être bénéfique pour certains secteurs.
Oui, c’est un point crucial, mais cela dépendra aussi de la gestion économique du pays.
Les Bulgares ont-ils été vraiment consultés sur cette décision ? Les habitants semblent mécontents, précisément parce qu’ils n’ont pas eu leur mot à dire.
Une question légitime, surtout dans un pays déjà en crise politique.
L’adoption de l’euro en Bulgarie semble susciter plus de craintes que d’enthousiasme, surtout dans les quartiers défavorisés. Les habitants craignent une hausse des prix, ce qui aggrave leur situation déjà précaire.
Comprendre ces inquiétudes, mais l’euro pourrait aussi stabiliser l’économie à long terme.
Pour beaucoup de Bulgares, le lev c’est comme l’or – une valeur stable, alors que l’euro c’est plus complexe. La plupart des gens n’y voient pas un vrai besoin.
C’est une perception intéressante, mais l’euro pourrait aussi apporter plus de stabilité financière.