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La magistrate Magali Lafourcade, secrétaire générale de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), a confirmé, mardi 20 janvier, à l’Agence France-Presse (AFP) les propos qu’elle a tenus dimanche sur le plateau de l’émission « En société », sur France 5.

La magistrate a raconté avoir été approchée il y a quelques mois par deux émissaires américains en vue d’une possible « manipulation du débat public français » au profit de la cheffe de file de l’extrême droite Marine Le Pen. Elle a reçu le 28 mai 2025 Samuel D. Samson et Christopher J. Anderson, deux conseillers du bureau de la démocratie, des droits humains et du travail, une branche du département d’Etat créée en 1977 pour « aider à faire progresser la liberté individuelle et les libertés démocratiques dans le monde ».

Ces diplomates étaient à la recherche « d’éléments pour accréditer une théorie qui aurait pu, peut-être, servir de support à une désinformation ou à une manipulation du débat public français », a estimé Magali Lafourcade, confirmant ses propos diffusés sur France 5.

Rapidement, la conversation a dévié sur Marine Le Pen. Rendue inéligible par une condamnation en première instance en mars 2025, la dirigeante d’extrême droite joue sa candidature lors du procès en appel des assistants parlementaires d’eurodéputés du Front national (devenu Rassemblement national), qui a débuté le 13 janvier.

Les représentants américains « étaient convaincus que c’était un procès politique qui visait à l’écarter de la présidentielle ou de la mettre au ban pour des raisons purement politiques », a relaté la secrétaire générale de la CNCDH, l’institution française indépendante de protection des droits humains. Pour les deux émissaires, Mme Le Pen est « injustement traitée » et victime « d’une condamnation politique » : « Ils cherchaient des éléments pour accréditer cela », a ajouté Magali Lafourcade.

Une rencontre qui interroge sur l’ingérence étrangère

« J’étais à ce moment-là très gênée parce que je trouvais que cette conversation n’avait pas lieu d’être avec des alliés », dit-elle, confiant avoir perçu quelque chose d’« assez malveillant » : « Ça ressemblait à une sorte d’immixtion pour accréditer un discours dont j’ai eu le sentiment qu’il était à visée d’ingérence. »

« Mal à l’aise », Magali Lafourcade affirme avoir signalé la discussion le jour même au ministère des affaires étrangères, « ce que je ne fais jamais car en tant qu’institution indépendante, on ne rend pas compte des échanges qu’on a avec des diplomates ».

Le Quai d’Orsay lui avait répondu prendre cette affaire « très au sérieux », a-t-elle assuré.

Sollicité par l’AFP pour confirmer cet échange, le ministère n’avait pas répondu mardi en fin d’après-midi.

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11 commentaires

  1. Interesting update on Des émissaires américains soupçonnés d’ingérence : la CNCDH alerte sur une possible manipulation du débat autour de Marine Le Pen. Curious how the grades will trend next quarter.

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