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Livre. En 2015, l’accord de Paris semblait ouvrir une nouvelle ère, témoignant de l’émergence d’un consensus international face à l’urgence climatique. Dix ans plus tard, l’écologie n’a plus le vent en poupe : alors qu’aux Etats-Unis, Donald Trump, climatosceptique notoire, a été élu pour la seconde fois, l’Union européenne, qui s’est longtemps voulue en pointe sur la transition écologique, détricote ses précédentes avancées, le fameux pacte vert.

Que s’est-il passé ? C’est ce qu’essaie de comprendre l’ouvrage collectif Greenbacklash. Qui veut la peau de l’écologie ?, dirigé par l’historienne Laure Teulières, l’historien Steve Hagimont et le chercheur en écologie politique Jean-Michel Hupé. Quarante auteurs et autrices – des scientifiques, des politiques et des journalistes – tentent d’y « cartographier les forces engagées contre l’écologie ». Et de « rendre manifeste ce qui est encore trop euphémisé : oui, une guerre est en cours ». Pour eux, il ne s’agit pas d’un revers passager, mais d’une bascule historique.

Ce retournement peut surprendre alors que l’insoutenabilité de notre modèle est connue depuis les années 1970. Selon l’historien Jean-Baptiste Fressoz, les résistances sont liées à l’inertie des structures économiques, institutionnelles, sociales et culturelles, héritées du capitalisme industriel. Il s’agit d’une « force colossale (…) : tout le monde matériel tel qu’il s’est constitué depuis deux siècles ». En cause, notamment : la dépendance aux énergies fossiles et à la croissance économique. D’autres chapitres insistent aussi sur des changements plus récents de l’économie mondiale, datant du début du XXIe siècle – le retour d’impérialismes décomplexés et l’émergence de nouvelles technologies.

Le poids des lobbys

Dans ce contexte, certains acteurs et groupes d’intérêts financiers et industriels ont beaucoup à perdre, matériellement et symboliquement, face au progressisme écologique. Plusieurs chapitres reviennent sur le rôle de responsables économiques et politiques, ainsi que sur le poids des lobbys qui œuvrent, souvent dans l’ombre, pour freiner la régulation, avec l’appui d’une partie du champ médiatique.

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