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Appelé à donner son avis, lundi 5 janvier, sur l’enlèvement du président vénézuélien, Nicolas Maduro, par l’armée américaine, le premier ministre nationaliste hongrois, Viktor Orban, a fait preuve d’une prudence inhabituelle. « Cela s’est produit, et nous examinons si c’est bénéfique ou non pour la Hongrie », a déclaré le dirigeant hongrois lors de sa conférence de presse annuelle, embarrassé face aux nombreuses questions sur la spectaculaire opération du week-end.
Alors qu’il revendique d’habitude une admiration sans bornes pour le président américain, M. Orban a seulement affirmé que la volonté américaine de faire main basse sur le secteur pétrolier vénézuélien « pourrait entraîner une baisse du prix du pétrole », mais sans dire clairement ce qu’il en pense. Alors que son pays a été le seul Etat de l’Union européenne à refuser de signer le communiqué européen commun rédigé la veille pour appeler à « respecter la volonté du peuple vénézuélien », il a même relativisé cette abstention en la mettant sur le dos de son refus de toute politique étrangère commune.
Les hésitations de Viktor Orban sont le signal du malaise général des extrêmes droites européennes face au spectaculaire retour de l’impérialisme américain, en particulier chez celles qui partageaient un logiciel originel consistant à dénoncer une prétendue influence américaine sur les partis de gouvernement et les élites. Les partis d’extrême droite se retrouvent dans la position bien inconfortable de devoir commenter une ingérence armée flagrante, mais menée par un allié idéologique qui avait affirmé ne plus vouloir intervenir dans les affaires du monde.
Difficile de fermer les yeux
Au Royaume-Uni, la réaction de Nigel Farage illustre parfaitement cet inconfort. Le chef de file du parti populiste de droite Reform UK a estimé que les actions américaines au Venezuela étaient « non orthodoxes et contraires au droit international ». Il a même ajouté que « si elles permet[taient] de faire réfléchir à deux fois la Russie et la Chine, c’[était] alors peut-être une bonne chose ». Celui qui soutient Donald Trump de manière très démonstrative depuis 2016 s’était pourtant jusqu’à présent bien gardé de critiquer Washington.
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21 commentaires
Les déclarations d’Orban montrent à quel point la situation au Venezuela est délicate pour les dirigeants européens.
Tout à fait. Personne ne veut prendre le risque de s’engager trop vite.
La baisse des prix du pétrole pourrait effectivement profiter à plusieurs pays européens dépendants des importations.
C’est vrai, mais à quel prix politique ?
Le refus de toute politique étrangère commune de la Hongrie est-il vraiment une bonne stratégie à long terme ?
Cela dépend, mais cela pourrait les isoler encore plus sur la scène internationale.
Le malaise des extrêmes droites face à l’impérialisme trumpiste pourrait-il les pousser vers d’autres alliances ?
C’est une possibilité, mais rien n’est encore certain.
Les extrêmes droites européennes devront soon choisir entre leur alignement sur Trump et leur indépendance politique.
Le choix ne sera pas facile, surtout avec les élections européennes à venir.
Viktor Orban, habituellement très pro-Trump, semble réservé cette fois-ci. Un changement d’attitude à surveiller.
Exactement, c’est surprenant de le voir adopter une position aussi prudente sur ce sujet.
L’Impérialisme trumpiste semble déjà créer des tensions au sein même de l’extrême droite européenne. Très intéressant de voir comment ces alliances se fissurent.
Est-ce que cette tendance pourrait affaiblir les positions nationalistes en Europe ?
Oui, c’est un sujet fascinant. La géopolitique des ressources comme le pétrole influence souvent les alliances politiques.
On sent qu’Orban est tiraillé entre son admiration pour Trump et les implications concrètes de ses actions.
C’est souvent le cas quand les intérêts personnels et géopolitiques entrent en jeu.
Les extrêmes droites européennes doivent naviguer entre leur soutien historique à Trump et leurs propres intérêts nationaux.
C’est un dilemme qui va probablement s’accentuer dans les mois à venir.
Le pétrole vénézuélien est-il réellement un enjeu majeur pour l’Europe, ou est-ce une diversion ?
C’est une question pertinente. Les ressources énergétiques sont toujours un sujet sensible.