Listen to the article
La France traverse son premier épisode de froid de fin d’année, avec de la neige et des températures jusqu’à 6 degrés sous les normales, mais cela n’est pas « exceptionnel » pour la saison, a expliqué, jeudi 20 novembre, Météo-France.
Jeudi matin, sous l’effet de l’arrivée d’une masse d’air polaire, plusieurs régions se sont réveillées dans une ambiance hivernale en plein automne, avec du gel et parfois des flocons, y compris en plaine. « Les températures sont descendues à − 5,7 °C à Ambérieux, − 5,6 °C à Aurillac, − 3 °C en plaine d’Alsace, − 1 °C à Toulouse. » Il a neigé « sur la région lilloise, les Ardennes ou encore en Bourgogne », même si cela ne tient pas forcément au sol, a indiqué à l’Agence France-Presse (AFP) dans l’après-midi Jérôme Lecou, prévisionniste chez Météo-France.
Cet épisode de froid devrait connaître son apogée samedi avec − 1 °C à Paris, − 4 °C au Mans et à Clermont-Ferrand ainsi que − 6 °C à Nancy, avant un redoux attendu dimanche. « Ces températures sont situées de 4 à 6 °C sous les normales de saison, correspondant aux valeurs habituelles des mois de décembre ou janvier », peut-on lire sur le site de Météo-France. « On peut parler de températures hivernales, mais sans excès : on est loin de valeurs exceptionnelles », a-t-il tempéré.
Des vagues de froid de moins en moins fréquentes
Le phénomène peut surprendre, d’autant plus qu’il survient après plusieurs jours de douceur exceptionnelle, notamment dans le Sud-Ouest où le mercure avait frôlé les 30 °C les 12 et 13 novembre. Il ne peut pour autant être qualifié de « vague de froid ». Cela supposerait que la température moyenne nationale passe au moins une fois sous − 2 °C et ne remonte pas plus de deux jours d’affilée au-dessus de 0,9 °C, sur une période d’au moins trois jours.
Dans le contexte de réchauffement climatique, les vagues de froid restent possibles mais sont moins fréquentes, moins longues et moins intenses qu’au XXe siècle, explique Météo-France. La dernière vague de froid en France, qui remonte à février 2018, s’était limitée à trois jours et avait été de faible intensité, rappelle encore l’organisme public.
« Les périodes de froid sont tellement raccourcies que ça a un peu bousculé les esprits : on ne sait plus trop à quoi devrait ressembler un mois de novembre », note M. Lecou. Sur les 46 vagues de froid depuis 1947, seulement 10 ont eu lieu après l’an 2000.
Le nombre annuel de jours de gel en France devrait être divisé par plus de deux, pour avoisiner les vingt jours à la fin du XXIe siècle. Ces événements devraient même devenir « rares » dans la moitié sud du pays (sept jours à Toulouse, un à Marseille) et sur les littoraux (deux à Brest).









14 commentaires
Avec ces températures négatives, les consommateurs devront peut-être anticiper une hausse des factures de chauffage plus tôt que prévu. Est-ce que les fournisseurs d’énergie sont préparés ?
Les réseaux de gaz et d’électricité sont conçus pour résister à ces aléas, mais une demande accrue pourrait tout de même créer des tensions.
C’est un sujet qui mérite d’être suivi, surtout avec les tensions géopolitiques actuelles autour des approvisionnements en énergie.
Un redoux dimanche, c’est bon à savoir. J’aurais aimé pouvoir profiter de la neige pour faire un bonhomme de neige, mais il n’y en a malheureusement pas assez.
La neige fondrait trop vite de toute façon. Autant attendre un vrai épisode hivernal pour les activités enneigées.
J’ai été surpris de voir de la neige tomber aussi tôt en France, surtout pour un automne généralement plus doux. Est-ce que cela pourrait indiquer un hiver plus rigoureux que prévu ?
Les modèles météo actuels ne suggèrent pas un hiver exceptionnellement froid, mais il est vrai que ce type d’épisode précoce est un signe à surveiller.
Des températures sous la normale en novembre, c’est inhabituel mais pas sans précédent. Je me demande comment cela pourrait influencer les cultures ou l’activité agricole avant les fêtes.
Les agriculteurs sont habitués à ces fluctuations, mais un gel prématuré pourrait effectivement affecter certaines récoltes plus sensibles.
Cela rappelle à quel point notre climat est changeant, surtout avec les saisons qui deviennent plus instables.
Il est intéressant de noter que Météo-France compare ces températures à celles des mois de décembre ou janvier. Cela montre que nous sommes dans une dynamique climatique qui évolue.
C’est vrai, et cela soulève des questions sur la résilience des infrastructures et des populations face à ces changements.
Des flocons en plaine, cela fait longtemps que je n’avais pas vu ça. J’espère que les routes seront bien dégagées pour les déplacements du week-end.
Les services de voirie sont généralement bien équipés pour ce type d’épisode, mais la prudence reste de mise.