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Sourire à pleines dents, pouce levé et gobelet de café à la main, Dana Al-Sourani fête le retour à la fac en présentiel. « Le retour à la vie », écrit l’étudiante, en première année d’ingénierie à l’université Al-Azhar de Gaza, en sous-titre d’une vidéo postée le 31 décembre 2025 sur son compte Instagram. On y voit notamment des professeurs se succédant au tableau blanc, micro à la main, devant des élèves attentifs.
Lors de l’ouverture de la section dentaire de l’université, Dana Al-Sourani a réalisé une vidéo montrant des grappes d’étudiants en blouse blanche, affairés autour de « patients », la bouche ouverte, tenant le rôle de « cobayes » pour les jeunes apprentis. « Après la guerre, cela est considéré comme un énorme exploit. Personne ne croyait qu’il restait encore des fauteuils dentaires », raconte au Monde Ines Al-Attar, inscrite en première année de médecine dentaire à l’université Al-Azhar. Tous les témoignages ont été recueillis par téléphone, Israël interdisant toujours aux journalistes étrangers d’accéder à la bande de Gaza.
Malgré la musique pop et le montage dynamique de ces vidéos, difficile de ne pas remarquer le trou béant dans le premier bâtiment filmé en panoramique, ni les fenêtres soufflées des immeubles de l’université, que Dana Al-Sourani arpente en mode selfie. Et encore moins la gigantesque bâche bleue plastifiée derrière le tableau blanc sur lequel les professeurs écrivent leurs formules, faisant office de mur.
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10 commentaires
Incroyable effort pour rouvrir les universités à Gaza, surtout dans un contexte aussi difficile. Les étudiants font preuve d’une résilience remarquable.
Les infrastructures doivent être extrêmement endommagées. Comment font-ils pour enseigner dans ces conditions ?
Oui, c’est impressionnant de les voir revenir malgré tout. Espérons que cette reprise se maintienne.
L’éducation est sans doute le meilleur rempart contre le repli sur soi. Bravo à ces étudiants et professeurs qui refusent de lâcher prise, même en temps de guerre.
Tout à fait d’accord. C’est un défi quotidien qui mérite d’être souligné.
Ces vidéos montrent une volonté de retrouver une vie normale, mais les images du bâtiment démoli rappellent brutalement la réalité.
C’est pourquoi ces initiatives sont encore plus courageuses. La normalité n’existe plus, mais ils créent la leur.
Difficile de ne pas être ému par ces images. Ces étudiants méritent tout notre soutien internationale.
Absolument. La communauté internationale doit suivre de près cette situation et aider concrètement.
Ces témoignages prouvent que l’éducation persiste malgré les obstacles. Cependant, comment envisager un avenir à long terme dans une région aussi instable ?