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Un animal de compagnie perdu par une compagnie aérienne doit-il être considéré comme un simple « bagage » ? Telle est la question que pose l’affaire suivante.

Le 22 octobre 2019, la petite Felicísima et sa mère, Mme X, prennent l’avion en partance pour Buenos Aires (Argentine) à Barcelone (Espagne). La chienne de Felicísima doit, en raison de sa taille et de son poids, voyager en soute, à l’intérieur d’une caisse. Or, avant d’entrer dans l’avion, elle s’échappe, et ne peut être récupérée.

Mme X demande à la compagnie aérienne, Iberia, la somme de 5 000 euros, en réparation du préjudice moral de Felicísima. Iberia reconnaît sa responsabilité, et admet le droit de la fillette à être indemnisée, mais dans la limite fixée par la convention de Montréal, pour les bagages, de 1 131 « droits de tirage spéciaux » (environ 1 413 euros) entre le 30 décembre 2009 et le 28 décembre 2019.

Mme X soumet l’affaire au tribunal de commerce numéro 4 de Madrid (Espagne), qui décide de poser à la Cour de justice de l’Union européenne la question préjudicielle suivante : est-ce que la notion de « bagage », au sens de l’article 17 paragraphe 2 de la convention de Montréal, exclut les animaux de compagnie ?

Pour la juridiction, la question se pose en effet, « dans la mesure où les animaux sont des êtres sensibles », selon le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (article 13) ou « des êtres vivants dotés de sensibilité », selon le droit espagnol ; et qu’ils sont liés à leurs propriétaires par des liens d’affection, si bien que leur perte entraîne une « atteinte psychologique » non comparable à celle causée par la perte d’une chose.

Etres sensibles

La Cour de Luxembourg, qui répond le 16 octobre (C-218/24), rappelle d’abord que « dans son sens ordinaire, le terme “bagages” se réfère, de manière générale, à tout objet qu’une personne emporte pour un voyage ». Mais elle précise que « bien que le sens ordinaire du terme “bagages” renvoie à des objets, il ne permet pas, à lui seul, de conclure que les animaux de compagnie ne relèvent pas de cette notion ».

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5 commentaires

  1. Chloé Bernard le

    Cette affaire montre à quel point les compagnie peuvent être réticentes à indemniser correctement les préjudices émotionnels.

  2. Intéressant de voir comment le droit européen aborde cette question complexe. Les animaux méritent-ils un statut différent des bagages?

  3. Antoine R. Petit le

    Je comprends la position de la compagnie, mais limiter l’indemnisation à 1 131 DTI est clairement insuffisant pour un animal de compagnie.

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