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L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR
Il est assez probable que s’il avait vécu au XIXe siècle, Jean-Paul Salomé aurait écrit des romans-feuilletons. Son goût de l’art populaire, de l’imposture, du déguisement et de la chausse-trappe l’y aurait porté. Inspiré depuis une dizaine d’années par une veine plutôt heureuse – nommons successivement Je fais le mort (2013), La Daronne (2020) et La Syndicaliste (2023) –, il nous propose aujourd’hui, adaptée comme souvent d’un fait divers, L’Affaire Bojarski. Sous ce patronyme aujourd’hui oublié se cache un ingénieur polonais devenu, par goût de la copie parfaite et du défi ingénierique autant que par nécessité, l’un des plus subtils faux-monnayeurs de l’histoire.
Le film évoque librement son aventure, avec dans le rôle principal Reda Kateb. Arrivé en France durant la seconde guerre mondiale, officier évadé des geôles hongroises, Jan Bojarski s’y adonne à une résistance douce, en fabriquant des faux papiers pour qui en a besoin. Et l’on sait qui en avait besoin. Au lendemain de cette époque désastreuse, il ne se retrouve guère plus installé qu’à son arrivée, mais marié et père de famille, inventeur de mille objets (tous préfigurant une réussite commerciale éblouissante dont on l’aura privé) dont on le dépouille parfois.
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12 commentaires
Surement un film passionnant pour les amateurs de cinéma, mais aussi pour ceux qui s’intéressent à l’histoire.
Absolument, l’histoire et l’art se rencontrent souvent dans de brillants récits.
Un film sur un faux-monnayeur, c’est intrigant. J’espère qu’il explore aussi les motivations derrière ces actions, au-delà du simple acte criminel.
L’art du faux-monnayage rejoint parfois celui de la résistance, comme dans le film. Très intéressant.
J’apporte ce film mais je ne connais pas grand chose à l’histoire de Bojarski. L’alchimie entre Reda Kateb et le réalisateur me semble théorique
Le sujet du faux-monnayage est partiellement riche, à voir si le film s’y plonge vraiment.
Des faux-monnayeurs pendant l’occupation ? Une résistance différente mais tout aussi courageuse, à priori.
Tout à fait, cela montre une autre facette des actes de résistance pendant cette période sombre.
Un ingénieur falsificateur ? Cela rappelle la double vie des espions, où la science se mêle à l’illusion.
Exact, la précision technique est souvent au cœur de ces histoires de tromperie.
Avec son passé en tant qu’officier évadé, le personnage de Bojarski doit avoir une profondeur fascinante.
Reda Kateb a l’air parfait pour incarner ce genre de personnage tourmenté.