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« Ici, vois-tu, il faut courir autant qu’on le peut pour rester au même endroit. Quand on veut aller ailleurs, il faut courir au moins deux fois plus vite. » C’est avec ces mots que la reine Rouge s’adresse à Alice, dans le deuxième volet d’Alice aux pays des merveilles, de Lewis Carroll, De l’autre côté du miroir. Pour comprendre le lien avec l’immunologie, il faut imaginer une espèce hôte (comme une plante ou un animal) et une espèce pathogène qui l’infecte (virus, bactérie ou autre). Par sélection naturelle, au fil des générations, les hôtes vont développer des moyens de résister aux pathogènes. En réaction, les agents infectieux vont eux aussi développer des réponses contre-attaquant les nouvelles défenses de l’hôte. S’ensuit alors une course-poursuite évolutive entre les deux espèces, semblable au sur-place d’Alice. C’est ce qu’on appelle la théorie de la reine Rouge, ou course aux armements.
On peut donc imaginer que l’hôte et le pathogène courent pour rester au même endroit. En revanche, de par ses nombreuses adaptations en réponse à un pathogène spécifique, l’espèce hôte est censée rapidement diverger des espèces qui lui sont voisines et qui sont, elles, infectées par d’autres pathogènes. Ainsi, de nombreuses différences entre espèces sont liées à l’immunité. Même au sein de l’espèce humaine, les populations issues de diverses régions présentent différentes adaptations immunitaires.
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15 commentaires
Intéressant de voir comment la sélection naturelle façonne non seulement les organismes, mais aussi leurs interactions. Une perspective souvent ignorée.
La comparaison avec Alice aux Merveilles est inventive, mais je crains que cela simplifie trop un sujet déjà complexe. Peut-on aller plus loin dans les exemples concrets ?
Peut-être, mais l’analogie rend le concept immédiatement compréhensible.
La reine Rouge n’a jamais semblé aussi pertinente pour l’étude des mécanismes de défense biologiques. L’immunologie a encore bien des surprises à nous révéler.
Cet article montre une fois de plus que la nature n’est jamais en repos, même dans les processus immunitaires les plus subtils. Exemple typique de l’adaptation constante.
La théorie de la reine Rouge est un concept passionnant, mais comment cela applique-t-il à des organismes qui n’ont pas d’adversaires évolutifs clairement identifiés ?
Une bonne question, peut-être certains organismes échappent-ils à ce cycle évolutif.
Est-ce que cette théorie pourrait s’appliquer à d’autres domaines que l’immunologie, comme la résistance aux antibiotiques par exemple ?
Le parallèle avec la résistance aux antibiotiques est effectivement troublant, non ?
Passant de l’immunologie à l’évolution, cet article rappelle l’importance de la dynamique entre espèces hôtes et pathogènes. Une lecture fascinante sur la biologie de la résistance.
Absolument, et cela rejoint aussi des enquêtes en médecine moderne, non ?
Les recherches en immunologie évolutive mènent à des découvertes qui pourraient révolutionner notre compréhension des maladies. Évolutive ou pas, la science progresse à grands pas.
Tout à fait, mais à quel rythme cette théorie pourrait-elle influencer les traitements ?
Un sujet passionnant, qui montre à quel point la nature est un champ infini d’études, même sur des mécanismes que nous pensions déjà bien comprendre.
Tout à fait, la complexité de la vie reste une énigme.