Listen to the article
A la tête de la Fédération internationale de football (FIFA) depuis dix ans, Gianni Infantino est un homme riche. Celui qui va connaître l’apogée de son règne lors de la Coupe du monde 2026 – élargie à 48 équipes et coorganisée du 11 juin au 19 juillet par les Etats-Unis, le Mexique et le Canada – a vu ses rémunérations s’envoler de manière spectaculaire, depuis son élection, en février 2016, à la présidence de l’instance régissant le football mondial.
Pour le constater, il faut éplucher les déclarations fiscales appelées « formulaires 990 » que la FIFA, association de droit suisse à but non lucratif et exonérée d’impôts à ce titre aux Etats-Unis depuis juin 1994, est tenue de déposer chaque année auprès de l’agence fédérale Internal Revenue Service (IRS).
D’après les déclarations fiscales de la fédération internationale auprès des autorités américaines déposées le 12 novembre 2025, dont Le Monde a pris connaissance avant leur publication fin décembre, le coût de M. Infantino pour la FIFA s’est élevé à 6,133 millions de dollars (5,27 millions d’euros) en 2024. Dans le détail : 2,954 millions de salaires de base, 1,874 million de bonus, 1,148 million en « autres rémunérations à déclarer » et 155 000 dollars en « retraite et autres rémunérations différées ». Quant au secrétaire général de FIFA, Matthias Grafström, son coût s’élevait à 2,262 millions de dollars (1,94 million d’euros) en 2024. Huit ans plus tôt, la FIFA avait déclaré seulement 1,5 million de dollars (1,28 million d’euros) pour son président aux autorités américaines.
Il vous reste 74.76% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.










6 commentaires
C’est impressionnant de voir comment les revenus de la FIFA ont explosé ces dernières années. On se demande quelle part de ces fonds profite vraiment au développement du football.
Les bonus considrables de M. Infantino soulèvent des questions sur les critères de performance. Quels sont les objectifs ayant justifié une telle augmentation ?
Ce n’est pas étonnant, vu l’ampleur des événements organisés par la FIFA. Les enjeux financiers sont colossaux, mais cela ne justifie-t-il pas une meilleure transparence ?
Les salaires exorbitants des dirigeants du sport professionnel font souvent débat, surtout lorsque la fédération est censée être à but non lucratif. Cela jette une ombre sur l’intégrité des institutions sportives.
Un salaire de 5 millions d’euros pour un dirigeant sportif ? Cela dépasse l’entendement, surtout dans une organisation qui se prétend non lucrative. Où va l’argent des droits TV ?
Entre les salaires, les bonus et autres rémunérations, on se demande qui contrôle vraiment ces dépenses. Une enquête détaillée serait nécessaire.