Listen to the article
Laure, 27 ans, a subi une interruption volontaire de grossesse (IVG) il y a quelques mois. Elle n’a pas pu en parler avec sa famille, dont elle est pourtant très proche : « J’aimerais partager avec eux ce moment important pour moi, mais je ne peux pas, et ça me fait mal. » Laure est catholique, et sa famille opposée à l’avortement. « J’ai un frère qui est en colère de devoir passer devant les services d’IVG pour les fausses couches de sa femme. S’ils n’avaient pas ces difficultés à avoir des enfants, je serais plus à l’aise pour répondre à leurs remarques et leur dire que j’ai eu recours à l’avortement », pense-t-elle.
Pour les chrétiennes qui sont confrontées à l’interruption volontaire de grossesse, le tabou est très présent. L’Eglise catholique condamne fermement l’avortement, au même titre que le meurtre ; elle considère l’embryon comme un être humain voulu par Dieu, dès la conception. En septembre 2024, le pape François a réitéré cet interdit et désigné les médecins pratiquant l’avortement comme des « tueurs à gages ». Cette condamnation conduit souvent les femmes chrétiennes à garder leur avortement secret et à le vivre dans la solitude.
Agathe a vécu un premier avortement à 20 ans, en 2013. Pendant six ans, elle n’en a parlé à personne, à part à son copain de l’époque. Pourtant, alors étudiante sage-femme, elle avait constaté « la détresse et la solitude des femmes » face à l’IVG. Son avortement par aspiration a été très difficile, tant physiquement qu’émotionnellement.
D’un tabou à l’autre
Il vous reste 89.04% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.









6 commentaires
Le pape a des positions très strictes, mais il faut aussi comprendre la réalité des femmes concernées.
Oui, parfois la doctrine écrase les situations humaines.
Pourquoi l’Église parle-t-elle si peu de miséricorde dans ces cas-là ?
C’est un sujet complexe qui touche à la fois à la foi et aux choix personnels. Difficile de concilier les deux.
La situation de Laure montre bien la détresse de celles qui sont partagées entre leur religion et leur santé.
Exactement, c’est un dilemme difficile pour beaucoup de femmes.