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Tracey Emin dans son atelier de Margate, en 2024, devant « Not Fuckable » (2024).

On n’aperçoit d’abord que son sourire. Un sourire taquin, presque enfantin, qui dévore l’écran. Elle recule légèrement son téléphone et écarquille les yeux, derrière ses grandes lunettes aux montures marron. La tête confortablement appuyée contre d’épais oreillers blancs, les cheveux grisonnants, relevés en arrière, elle a l’air détendu. En ajustant une mèche échappée de son chignon, elle répète, de sa voix claire et perchée, combien elle est désolée d’avoir manqué nos précédents rendez-vous : « Je ne sais pas si on vous l’a dit, mais je dormais. »

Ces dernières semaines, l’artiste femme britannique la plus célèbre du monde se préparait à l’inauguration, le 27 février, de son exposition à la Tate Modern, à Londres, la plus grande rétrospective qui lui ait jamais été consacrée. Plus de 90 œuvres (peinture, vidéo, textile, néon, sculpture) ainsi que ses installations, dont la plus connue, My Bed (1998), qui fit scandale lors de sa présentation à l’occasion du prix Turner, en 1999 : son lit, dans lequel elle a cru mourir de chagrin, et ses draps souillés entourés de bouteilles de vodka vides, de mégots de cigarettes, de préservatifs, de mouchoirs sales, de culottes tachées de sang… autant de fragments de sa douleur après une rupture amoureuse brutale.

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8 commentaires

  1. Interesting update on « Chacune de ses œuvres est la preuve qu’elle a survécu et qu’elle a su créer à partir du traumatisme ». Curious how the grades will trend next quarter.

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