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Faut-il encore s’étonner de voir de jeunes auteurs et autrices de bande dessinée adopter si facilement les codes du manga ? Biberonnée dans sa tendre enfance à Naruto et à Death Note, qu’elle lisait « en boucle », Camille Broutin, 28 ans, pouvait difficilement échapper à son influence au démarrage de sa carrière professionnelle. « C’est avec le manga que j’ai commencé à dessiner, sans me rendre compte d’ailleurs que c’était du manga, confie-t-elle. Je dessinais ce que je consommais. J’y suis restée fidèle. »

Deux décennies plus tard, Camille Broutin publie Yon (Dargaud), une série lancée en 2025, encensée par la critique, d’une bluffante similitude avec l’esthétique originelle de la littérature graphique japonaise. Trait économe, découpage dynamique, tension narrative, gradation de gris, prédominance des yeux dans les visages… Sa parfaite assimilation des idiomatismes du manga atteste, au passage, de la force de pénétration de celui-ci dans la création visuelle française.

En mars, Camille Broutin publiera le troisième tome de son récit – 1 000 planches en tout – qu’elle achèvera en décembre avec un ultime volume. L’action de Yon se déroule dans un internat correctionnel de jeunes filles situé au milieu d’un désert. Un phénomène étrange s’abat soudainement sur l’établissement sous la forme d’une pluie de billes blanches, grosses comme des boules de pétanque – de très inamicales créatures vivantes en vérité, prêtes à dévorer leur environnement proche.

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7 commentaires

  1. Luc E. Robert le

    Je trouve remarquable comment Camille Broutin a réussi à intégrer les techniques du manga dans son œuvre. La critique semble unanime.

  2. Claire Dubois le

    Intrigant de voir comment les codes du manga influencent toujours la bande dessinée française. Cela montre à quel point cette culture a traversé les frontières.

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