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Le Conseil constitutionnel, saisi par des députés « insoumis » qui contestaient plusieurs mesures du budget de la Sécurité sociale pour 2026, a validé mardi 30 décembre la majorité des articles, censurant néanmoins sur le fond une mesure visant à redéfinir l’incapacité de travail.
« Le Conseil constitutionnel valide la majorité des articles dont il était saisi de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 », a annoncé l’institution, dans un communiqué accompagnant sa décision. S’agissant d’un texte budgétaire, il est d’usage que l’institution rende sa décision avant le 31 décembre.
Une soixantaine de députés de La France insoumise (LFI) et trois autres élus avaient saisi le Conseil constitutionnel pour contester une dizaine d’articles – sur les 114 – de la loi de financement de la Sécurité sociale, adoptée mi-décembre définitivement par le Parlement. Les auteurs de la saisine estimaient que ces mesures portaient atteinte à la protection du droit à la santé. Ils contestaient ainsi l’objectif des dépenses d’assurance-maladie, jugeant insuffisante sa hausse de 3 % au regard des besoins.
Mais ces objectifs « ont été déterminés en tenant compte, notamment, des effets de l’inflation ainsi que de la hausse des dépenses de santé et des charges des établissements de santé », a considéré le Conseil, validant cette disposition ainsi que la plupart des mesures contestées.
Censure de neuf « cavaliers sociaux »
Le Conseil constitutionnel n’a pas suivi non plus les auteurs de la saisine au sujet d’un article qui limitait à un mois la durée d’un premier arrêt de travail et à deux mois tout renouvellement, alors qu’il n’existe pas de limite pour l’instant.
Il a également validé la procédure d’adoption de la mise en place d’un nouveau « parcours d’accompagnement » à visée préventive pour les patients à risque d’affection de longue durée (ALD). LFI souhaitait une censure de l’article ou « une réserve d’interprétation » pour « garantir que la création de ce nouveau parcours de prévention ne devienne pas un prétexte à l’exclusion de nombreux assurés sociaux du statut ALD ».
En revanche, les sages ont censuré une mesure visant à clarifier la définition de l’incapacité de travail. Le texte écrivait qu’un assuré peut bénéficier d’une indemnisation s’il est incapable d’exercer « une activité professionnelle salariée ou non salariée quelconque ». Cet article – le numéro 83 – pouvait potentiellement priver un assuré d’indemnisation s’il était capable d’exercer une quelconque activité autre que sa profession d’origine, « sans que puissent être prises en compte, notamment, sa situation personnelle et la réalité d’une alternative professionnelle », selon le Conseil.
Sans se prononcer sur leur constitutionnalité, les juges ont aussi censuré neuf dispositions n’ayant à leurs yeux pas leur place dans ce budget de la Sécurité sociale. Parmi ces « cavaliers sociaux » figure notamment un article instaurant une sanction financière pour les professionnels de santé ne respectant pas leur obligation d’alimenter le dossier médical partagé des patients. Cette mesure était vivement critiquée par les médecins libéraux.









21 commentaires
Le débat sur le budget de la Sécurité sociale montre que les priorités ne sont pas toujours bien comprises. La santé ne peut pas être un simple coût à réduire.
Tout à fait, c’est un investissement pour la société.
Intéressant de voir le Conseil constitutionnel valider la plupart des mesures du budget de la Sécurité sociale. On attendra de voir l’impact concret sur les soins de santé.
Exact, surtout avec la hausse limitée des dépenses d’assurance-maladie.
Les insoumis ont-ils d’autres recours après cette décision ?
La censure partielle du texte montre que même un budget essentiel peut être contesté. Espérons que les ajustements seront au bénéfice des patients.
Le risque est que les mesures censurées créent des lacunes dans le système.
3% d’augmentation pour les dépenses de santé ? C’est clairement en dessous des besoins actuels. Comment compte-t-on compenser ce manque ?
Les économies devront sûrement venir d’autres postes budgétaires.
La Sécurité sociale est souvent au cœur des débats politiques. Ce budget 2026 confirme cette tendance.
Malheureusement, les considérations politiques prennent parfois le pas sur l’efficacité réelle.
Le Conseil constitutionnel a dû examiner le texte en urgence. Une démarche rare, qui montre l’importance des enjeux.
Oui, et surtout avant les fêtes, ce qui a dû presser l’institution.
Un peu décevant que les députés insoumis n’aient pas eu plus de succès dans leurs contestations. La santé mérite plus d’attention.
Il faudra peut-être une mobilisation citoyenne pour faire bouger les choses.
Les mesures censurées auront-elles un impact significatif sur les comptes de la Sécu ? Ou s’agit-il de détails techniques ?
Difficile à dire sans une analyse approfondie, mais la définition de l’incapacité de travail n’est pas anodine.
La refonte de la définition de l’incapacité de travail était effectivement problématique. Heureusement que le Conseil a censuré cet article.
Oui, cela aurait pu créer des injustices pour les travailleurs.
Le budget de 2026 sera-t-il suffisant pour répondre à la hausse des coûts médicaux et des innovations technologiques ?
C’est une question que tous les pays développés se posent actuellement.