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A la fin de sa déclaration de politique générale, mardi 14 octobre, la voix de Sébastien Lecornu s’est soudain faite plus grave. Son ton, plus martial. Si les députés assis devant lui ne parvenaient pas à s’entendre sur une loi de finances d’ici à la fin d’année, « les seuls qui se réjouiraient d’une crise, d’une panne budgétaire, ne sont pas les amis de la France », a professé le premier ministre, réveillant le spectre un peu vaporeux de l’« anti-France ». Frissons et applaudissements sur les bancs, surtout à droite.
Avec la suspension de la réforme des retraites annoncée mardi, comme le réclamaient les socialistes, la menace d’une censure s’est cependant éloignée, et avec elle, le risque d’un pays sans budget au 1er janvier 2026. Sur les marchés financiers, ceux qui spéculaient sur un nouveau drame se sont calmés, les amis de la France comme les autres. En quelques heures, la prime demandée par les investisseurs pour détenir de la dette tricolore plutôt des obligations allemandes a fondu de 7 %, après avoir frôlé les sommets.
Malgré les secousses politiques à répétition, il n’est finalement pas impossible qu’un budget soit adopté puis promulgué fin décembre. Mais quel budget ? Difficile à dire. Le projet de loi enfin dévoilé mardi, avec une semaine de retard sur le calendrier légal, n’est qu’une ébauche, le premier ministre en convient. Il constitue « un point de départ », « un point d’équilibre possible », mais « certainement pas le point d’arrivée », a résumé le ministre de l’économie, Roland Lescure, devant les députés de la commission des finances. Un premier jet ambitieux sur le plan financier, en ligne avec la doctrine macroniste, et… singulièrement fragile.
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9 commentaires
Ce plan Lecornu semble audacieux, mais la fragilité des compromis politiques inquiète. Espérons que les députés parviendront à un accord avant la fin de l’année.
Pourtant, les marchés semblent déjà rassurer. La prime de risque française a baissé, signe que les investisseurs gardent espoir.
Oui, les tensions récentes montrent à quel point c’est un équilibre délicat. La réforme des retraites a déjà créé beaucoup de divisions.
Avec les réformes en suspens, quel sera l’impact réel du budget 2026 sur les finances publiques ? Les détails restent flous.
En effet, les marges de manœuvre semblent très limitées après les annonces de Lecornu. La crédibilité du plan est en jeu.
L’évocation de l’anti-France par Lecornu est-elle une tactique pour unir la majorité ? Ce discours polarisant pourrait joué dans les deux sens.
C’est une rhétorique classique en période de crise budgétaire. Reste à voir si elle suffit à faire voter le budget.
Les investisseurs ont réagi positivement à l’apaisement budgétaire. Mais cette accalmie pourrait être éphémère si les négociations reprennent de plus belle.
Un budget adopté en décembre serait une belle performance politique, surtout après les récents secousses.