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Le premier ministre le plus faible de la Vᵉ République éprouve du « regret » et de « l’amertume ». Sous la pression d’Emmanuel Macron, des partis et de l’opinion, Sébastien Lecornu s’est résigné, lundi 19 janvier, à annoncer le recours à l’article 49 alinéa 3 de la Constitution pour faire adopter le projet de loi de finances (PLF) pour 2026. Sans majorité, le locataire de Matignon va engager la responsabilité de son gouvernement devant l’Assemblée nationale dès mardi après-midi.

M. Lecornu, qui promettait la « rupture » à son arrivée au 57, rue de Varenne, renoue avec la continuité : pour la quatrième année consécutive, le Parlement ne votera pas le budget de l’Etat malgré 350 heures de débat sur trois mois. Trois recours au 49.3 seront a minima nécessaires : un premier sur la partie recettes du texte, un autre sur la partie dépenses et un dernier, en lecture définitive, sur l’ensemble du PLF, après un passage au Sénat.

Le premier ministre espère ainsi clore la séquence budgétaire au cours de la première semaine de février. Le président de la République a salué un budget qui permet « au pays d’avancer » et « de garantir une stabilité » lors du conseil des ministres où le gouvernement a été habilité à déclencher l’outil constitutionnel qui permet de faire adopter un texte sans vote du Parlement. Pour le professeur de droit public Denis Baranger, « c’est la preuve qu’aussi impopulaire et toxique qu’il est, le 49.3 reste utile pour permettre un accord a minima dans un contexte d’absence de majorité. »

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