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L’Etat montré du doigt par des maires et des agriculteurs en raison de l’état des digues
Par endroits, certaines digues n’ont pas résisté aux crues d’une ampleur exceptionnelle : dans le Sud-Ouest, des maires et agriculteurs dénoncent le désengagement de l’Etat dans leur entretien, transféré ces dernières années aux intercommunalités.
Dans le Lot-et-Garonne, en vigilance rouge aux crues depuis le 11 février, huit digues ont été endommagées ou submergées, selon la préfecture.
D’autres l’ont également été en Gironde, comme à Saint-Macaire, où ce « garde-fou », qui « protège [la ville] de crues jusqu’à 9,30 mètres de haut » a « pu contenir cinq jours la Garonne » avant d’être débordé, selon Cédric Gerbeau, maire de cette commune de 2 000 habitants, où l’eau est montée à 10,45 mètres.
« Il y a un attachement particulier pour les gens du fleuve. Ça reste le rempart face aux éléments », dit-il encore. « Grâce à la digue, qui protège une trentaine de maisons, on peut s’organiser, anticiper la protection des populations », mais aussi protéger la nationale 113, axe majeur emprunté par 20 000 voitures par jour, ou les voies ferrées.
Une digue, c’est « une ingénierie très complexe », « différentes strates de couches de terre et d’argile avec des degrés d’humidité que l’on va empiler les uns sur les autres pour créer un ouvrage étanche, solide et stable et malléable en même temps », précise Valérie Meneret, vice-présidente de la communauté de communes Convergence Garonne, au sud-est de Bordeaux, chargée de la gestion des milieux aquatiques et de la prévention des inondations (Gemapi).
D’où l’importance de leur entretien et leur consolidation, confiés début 2024 par l’Etat aux intercommunalités pour ses quelque 1 500 kilomètres de digues, au terme d’une période de transition de dix ans.
Cédric Gerbeau juge totalement honteux ce « désengagement » de l’Etat et qu’il ait « redonné cette compétence aux communautés de communes qui souhaitaient la prendre », puisque « c’est une stratégie qui dépasse largement les communautés de communes pour la protection des populations et des routes ».
Valérie Meneret juge au contraire « assez réfléchi et assez logique qu’on renvoie cette responsabilité aux maires qui connaissent leur territoire », mais dénonce le manque de moyens pour le faire.
« On les a autorisés à lever une taxe, qui est de 40 euros par personne et par an », a rappelé lundi la ministre de la transition écologique, Monique Barbut, en déplorant que « beaucoup de collectivités n’utilisent pas au maximum cette ressource ».
« Ça ne suffit pas » et « c’est une pression fiscale inadmissible » pour les familles et les foyers locaux, répond Mme Meneret, dénonçant « l’exigence », « la complexité » et la « lenteur » de l’Etat pour valider chaque étape des travaux engagés par les collectivités pour la gestion de l’eau.
« Alors que le travail n’était pas fait depuis de nombreuses années on nous a dit : “Vous avez la compétence, vous avez la taxe, et allez faire les poches de vos habitants, et puis entretenez ce que nous, on n’a pas fait pendant de nombreuses années” », tranche également Daniel Barbe, président de l’Association des maires ruraux de Gironde, qui espère un fonds d’aide exceptionnel pour aider les communes à assurer ces « travaux énormes ».
Dans le Lot-et-Garonne, la Coordination rurale appelle le préfet, qui a demandé la mobilisation de l’armée, à engager des travaux « en urgence » pour protéger les populations et les terres agricoles, avant l’arrivée des giboulées printanières et la fonte des neiges.
Sinon, « la CR47 se réserve la possibilité de réaliser elle-même les travaux indispensables », prévient le président départemental du syndicat agricole, José Pérez, dans un communiqué publié mercredi.







3 commentaires
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