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Un bout de papier, un crayon, et la liberté au bout des doigts. Cela fait quarante ans que le New-Yorkais Bill Plympton, 79 ans, réalise des films d’animation en toute indépendance, et cela n’a pas de prix, dit-il. Auteur d’histoires déjantées, où le sexe côtoie la satire politique (neuf longs-métrages et une centaine de « courts »), il est parfois comparé au dessinateur de presse et auteur de BD Reiser (1941-1983). Plympton a d’ailleurs démarré sa carrière dans les journaux et les magazines (New York Times, New Yorker, Penthouse, Playboy, Rolling Stone…), tout en faisant de la publicité pour gagner sa vie.
Deux de ses longs-métrages, L’Impitoyable Lune de miel ! (1998) et Les Mutants de l’espace (2001), ont reçu le Grand Prix au festival d’Annecy, et son neuvième « long », Duel à Monte-Carlo del Norte, sort en salle le 5 novembre. Une rétrospective de ses films aura lieu, par ailleurs, au Grand Action, à Paris, à partir du 12 novembre. Nous l’avons rencontré en septembre 2024, alors qu’il était de passage à Paris, pour évoquer sa carrière et ce nouveau film, qu’il a mis sept ans à fabriquer – 40 000 dessins au total, réalisés au stylo. « J’adore dessiner les bad guys, et j’ai créé 100 méchants pour ce film », explique-t-il, l’œil rieur, dans sa chemise de cow-boy noire.
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15 commentaires
Quarante ans d’indépendance dans le cinéma d’animation, c’est impressionnant. Comment Plympton réussit-il à garder cette liberté ?
Peut-être grâce à son style unique et décalé qui lui permet de toucher un public fidèle.
Je me demande comment il finance ses projets sans dépendre des grands studios.
Un artiste comme Plympton prouve que l’on peut établir son style sans compromis et réussir.
Son humour et sa satire politique sont-ils toujours aussi présents dans son dernier film ?
Avec Plympton, on peut toujours s’attendre à une satire acérée.
Je trouve intéressant qu’il a commencé dans la presse et la pub avant de se lancer dans le cinéma.
Cela a dû lui donner une grande polyvalence dans son approche narrative.
Un retour aux sources avec du dessin à l’ancienne, c’est rafraîchissant. Plympton reste un artiste hors norme.
Oui, dans un monde dominé par la 3D, son approche manuelle est particulièrement apreciée.
Son film sort le 5 novembre, ça vaut le coup de l’attendre ou il y a déjà des bons retours ?
Dessiner 40 000 images pour un film, ça doit demander une endurance incroyable. Est-ce qu’il a des assistants ?
Une rétrospective à Paris, j’espère qu’elle sera bien mise en valeur._style
Les Mutants de l’espace a marqué mon enfance. Son nouveau film semble tout aussi prometteur.
Tu as raison, son univers est incroyablement créatif et différent.