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Johan-Olav Botn n’était pas seul, lorsqu’il a franchi la ligne d’arrivée de l’individuel, la bouche moussante de bave, après une course où il ne manqua aucun de ses vingt tirs sans perdre sa cadence sur les skis. Le biathlète norvégien a pointé l’index vers le ciel. Il a laissé échapper un cri : « Sivert, vi klarte det ! » (« on l’a fait, Sivert ! »). C’est pour Sivert Bakken, son coéquipier, son meilleur ami, que Johan-Olav Botn a remporté ce mardi 10 février la médaille d’or sur la piste d’Anthloz-Anterselva. Ce flash de bonheur devant une tribune en fête ramène instantanément au 23 décembre 2025, dans un hôtel du col de Lavaze (Trentin-Haut-Adige), quand le nouveau champion olympique ouvrit la porte de la chambre qu’il partageait avec Sivert Bakken, et découvrit son ami étendu sur le sol, inanimé.

La mort de Sivert Bakken, 27 ans, au cours d’un stage en altitude de la sélection norvégienne, a endeuillé le monde du biathlon, traumatisé profondément ses coéquipiers, et Johan-Olav Botn en particulier. Son ami, qui avait connu plus tôt dans sa carrière de graves problèmes cardiaques, est décédé alors qu’il portait sur le visage un masque hypoxique, dans des circonstances encore sombres – les résultats de l’enquête ne doivent être dévoilés qu’après les Jeux olympiques. Les Norvégiens, contraints de faire face à la douleur du deuil et de poursuivre leur programme sportif, en vue des JO, se sont rendus à ses funérailles, le 13 janvier, dans l’église Nordre Al de Lillehammer, et c’est ensuite dans la même station de Lavaze, comme pour conjurer le sort, qu’ils ont suivi leur dernier stage en altitude, avant de rejoindre Anterselva.

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