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Adapter pour le théâtre Pétrole, de Pier Paolo Pasolini ? Une folie pure. Mais les défis, aussi délirants soient-ils, n’intimident pas Sylvain Creuzevault. Au contraire. Cet artiste passionnant, qui risque le tout pour le tout sur ses scènes, fait des chefs-d’œuvre de la littérature le terrain de jeu inépuisable de ses créations.

Après avoir travaillé Marx (Le Capital et son singe), Dostoïevski (Les Démons, Le Grand Inquisiteur, Les Frères Karamazov) ou Peter Weiss (L’Esthétique de la résistance), il s’attaque au roman posthume et inachevé de l’auteur italien. Une mécanique complexe, d’une liberté d’écriture inouïe, que le metteur en scène fluidifie magistralement à l’Odéon-Théâtre de l’Europe sans prétendre, pour autant, en déchiffrer toutes les opacités. Trois heures trente (avec entracte) exaltantes, intelligentes, drôles et généreuses : ce spectacle impressionne tant le théâtre s’y hisse au rang d’un art vivant à 1 000 % sur le dos d’un inextinguible présent.

Tout démarre pourtant par la vision d’un homme mort allongé sur le tarmac d’un aéroport. Comment et pourquoi ? Sur un écran panoramique où surgiront en gros plans les visages des acteurs filmés en direct, la représentation s’emballe. Une profusion d’images s’apprête à déferler dont celle, obsessionnelle, d’un sexe d’homme en érection. Masturbation, castration, dissociation, possession, intégration, tractation, corruption, mondialisation constituent la liste (non exhaustive) des gestes intimes, des postures stratégiques et des faits politiques qui jalonnent le spectacle comme ils scandent le récit.

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6 commentaires

  1. Interessant d’explorer l’oeuvre de Pasolini à travers une adaptation théâtrale. Comment Crézuevault parvient-il à rendre accessible une œuvre aussi dense ?

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