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Psychiatre, radiologue, préfet, diplomate, journaliste, écrivaine, comédien ou professeur. C’est au spectacle d’un entre-soi intellectuel et bourgeois frelaté qu’invite le metteur en scène Pascal Rambert avec sa pièce Les Conséquences. Une farce satirique, acérée et souvent hilarante, écrite par un auteur qui laisse rarement le public de marbre. Qu’il énerve ou qu’il enthousiasme, le dramaturge n’a jamais lâché son objectif de vue : écrire pour des acteurs, leurs corps, leurs souffles, leurs voix. Mission accomplie au Théâtre de la Ville-Sarah Bernhardt, qui accueille une scintillante constellation de comédiens au service d’une cruelle comédie de mœurs.
Sur le plateau bâché de blanc, pas d’ouvriers dans les murs, mais une « gauche caviar » sortie de l’Ecole alsacienne, Normale-Sup ou l’ENA, qui cite Lénine et Chris Marker. Une gauche surfaite, pâlie et pathétique qu’horripilent, avec une identique indignation, les enseignes Pylones et Desigual, l’antisémitisme de Martin Heidegger ou la montée de l’extrême droite. Chez ces gens-là, le sens des valeurs s’est troublé avec le temps qui passe. C’est dire si Rambert, en épinglant ses personnages sous la lumière des néons, n’est pas dupe (on l’espère) du cirque où il expose cette foire aux vanités.
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16 commentaires
Curieux qu’une pièce sur la gauche caviar soit accueillie dans un théâtre subventionné. Circonstance ironique ?
Effectivement, le sujet aurait pu mériter un débat plus approfondi.
La pièce semble dépeindre une gauche désorientée, plus préoccupée par les marques de vêtements que par les vraies luttes sociales.
Un constat sévère, mais est-il vraiment injuste ?
J’espère qu’un jour, le théâtre pourra aussi s’intéresser aux vrais ouvriers et non à ces élites dépassées.
Pourquoi pas, mais il faut d’abord que ces histoires-là intéressent le public.
La « gauche caviar » décrite par Rambert a-t-elle autant de réalité que le suppose l’auteur ? Question intéressante.
Toujours difficile de généraliser, mais le portrait est savoureux.
Une comédie de mœurs qui ne ménage personne, surtout pas ses compatriotes intellectuels.
Rambert a un don pour la critique sociale, c’est indéniable.
Intéressant de voir comment le théâtre peut servir d’outil pour critiquer les élites intellectuelles. Une satire qui fait mouche, je parie.
Surtout quand c’est porté par des acteurs talentueux, comme c’est le cas ici.
Une pièce qui ne laisse pas indifférent, capable d’énerver ou d’enthousiasmer. Le genre de théâtre qui fait réfléchir.
Exactement, un spectacle qui stimule l’esprit et la discussion.
Le théâtre de Rambert est toujours aussi incisif, dommage que toutes les œuvres ne fassent pas autant réfléchir.
Vrai, mais il faut bien admettre que son style est unique.