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Kaouther Ben Hania se souvient parfaitement du moment où elle a entendu pour la première fois la voix de Hind Rajab appelant à l’aide. La réalisatrice tunisienne, alors en pleine campagne des Oscars pour Les Filles d’Olfa (2023), était dans un aéroport quand elle a appris le sort tragique de cette enfant de 5 ans assassinée à Gaza par des chars israéliens après des heures d’échanges téléphoniques vains avec le Croissant-Rouge palestinien, alors qu’elle était seule survivante dans la voiture, au milieu des cadavres de sa famille. « Il y avait quelque chose d’immédiat dans sa voix, confie la cinéaste quand on la rencontre à Paris en ce mois de novembre. J’avais l’impression qu’elle me demandait à moi de la sauver. J’ai eu un sentiment très fort d’impuissance d’abord, puis de tristesse et de colère. »
Hantée par les mots de Hind Rajab, sidérée par les images de destruction qui viennent chaque jour de Gaza, elle décide de mettre de côté le projet de film sur lequel elle travaillait depuis des mois. « C’était pour moi impossible de passer outre ou de revenir à quelque chose de normal. Je me posais des questions par rapport à mon travail. Comment peut-on faire du cinéma en temps de génocide ? On vit dans un monde où on est saturé par l’information au point d’être dans quelque chose de l’ordre du déni, parfois, et de l’amnésie, souvent. »
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17 commentaires
Un sujet difficile mais important à aborder. Le cinéma peut-il vraiment changer les choses ?
Peut-être pas directement, mais il peut éveiller les consciences et c’est déjà beaucoup.
La force de cette réalisation réside dans son authenticité. Dommage que ces sujets ne soient pas plus mis en avant dans les médias traditionnels.
Un devoir de mémoire et de témoignage. L-art a un rôle crucial dans la transmission des souffrances humaines.
Un film qui semble essentiel pour comprendre l’horreur vécue à Gaza. Le travail de cette cinéaste est une forme de résistance.
Reste à savoir si les audiences occidentales seront prêtes à écouter cette voix.
Un sujet poignant qui montre la puissance du cinéma pour donner une voix aux oubliés. Le courage de cette réalisatrice est admirable.
Espérons que ce film apportera un peu de lumière sur la situation à Gaza.
Tout à fait d’accord, l’art peut être une arme pacifique pour attirer l’attention sur les drames humains.
Un projet audacieux qui montre comment l’art peut servir de témoin dans des moments de crise. Brillant et nécessaire.
Oui, l’art a souvent été un moyen de dénoncer les injustices avant même que les médias ne s’en emparent.
Un film qui, sans doute, marquera les esprits. La manière dont la cinéaste s’est approprié cette histoire est remarquable.
Vraiment, l’engagement derrière ce projet est palpable.
La voix des victimes de Gaza mérite d’être entendue. Ce film semble être un pas dans la bonne direction.
Absolument, l’art est souvent un des premiers pas vers la compréhension mutuelle.
Difficile de ne pas être touché par cette histoire. La façon dont le cinéma peut capturer l’essence d’un drame humain est impressionnante.
C’est vrai, le cinéma a ce pouvoir unique de nous rapprocher des réalités lointaines.