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Tiraillé entre puritanisme et curiosité pour leur vie intime, le public américain suit avec passion les révélations détaillées sur les frasques de ses dirigeants. De l’affaire Monica Lewinsky, la stagiaire de la Maison Blanche dont la relation avec Bill Clinton, révélée en 1998, ternit à jamais la crédibilité du président démocrate, à Stormy Daniels, la star du X qui mit en difficulté Donald Trump en dévoilant, en 2018, avoir reçu un pot-de-vin du milliardaire en échange de son silence pendant la campagne présidentielle de 2017, en passant par les accusations de viol portées par Christine Blasey Ford à l’encontre de Brett Kavanaugh (qui ne suffirent pas à empêcher la nomination du conservateur à la Cour suprême en 2018), la vie politique américaine est, depuis des décennies, marquée par les scandales sexuels. Récemment, les documents issus de l’enquête sur les crimes du financier Jeffrey Epstein n’en finissent pas d’embarrasser nombre de puissants.
Cet automne, une affaire d’un genre nouveau a passionné le pays et donné lieu à une litanie de commentaires enflammés sur les réseaux sociaux et dans la presse. En son cœur pour la première fois, une journaliste politique reconnue, Olivia Nuzzi, 33 ans.
Contrairement à Monica Lewinsky, Stormy Daniels ou Christine Blasey Ford, emportées dans des tourbillons médiatiques face à des hommes plus puissants qu’elles, la jeune femme connaît parfaitement les deux milieux qui la rejettent aujourd’hui : la politique et les médias. Elle était une commentatrice louée et rouée du premier, avant d’en être écartée pour avoir contrevenu grossièrement à l’adage bien connu du second : « Don’t become the story » (« ne deviens pas le sujet »).
Une vedette du journalisme politique
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15 commentaires
Je suis surpris de voir à quel point cette affaire passionne autant les médias américains. Est-ce vraiment un sujet d’importance nationale ?
C’est effectivement plus du sensationnalisme que de l’information. Les médias adorent les scandales, peu importe le sujet.
Cela montre comment les affaires personnelles peuvent rapidement devenir un sujet de débat public, surtout quand les personnes impliquées sont des figures politiques.
Le public semble fasciné par ces querelles intimes. Est-ce par curiosité malsaine ou par réel intérêt politique ?
Probablement un mélange des deux. Les gens aiment les drames, surtout quand ils impliquent des figures puissantes.
Une journaliste qui fréquente un figure politique controversée, c’est un conflit d’intérêts évident. Comment peut-on encore la croire impartiale ?
C’est une excellente question. La neutralité des médias est déjà bien souvent remise en question, ce genre d’affaires n’arrange rien.
Une journaliste qui fréquente un figure politique controversée, c’est un conflit d’intérêts évident. Comment peut-on encore la croire impartiale ?
C’est un sujet délicat, surtout dans un contexte où la confiance envers les médias est déjà fragile.
Les médias devraient se concentrer sur des sujets plus importants plutôt que sur la vie privée des individus, même s’ils sont connus.
Mais c’est là où réside le problème: parfois, la vie privée et la vie publique s’entremêlent.
Cette affaire pourrait-elle avoir un impact sur les futures élections ? Les électeurs sont-ils sensibles à ce genre de scandales ?
Tout dépend de l’ampleur que prendra l’affaire et de la façon dont les médias la traiteront.
Les scandales sexuels et les liaisons secrètes sont devenus une sorte de tradition dans la politique américaine. Pourquoi s’en étonner encore ?
Parce qu’il est toujours intéressant de voir comment ces affaires influencent la perception du public et des électeurs.