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LETTRE DE NAIROBI
Il est un 9 h 27, ce 18 décembre, et la caméra du juge William Musyoka vient de s’allumer. « Karibuni » (« bienvenue », en langue swahili), lance le magistrat aux avocats, connectés comme lui sur Teams, la plateforme de réunion en ligne de Microsoft. L’audience virtuelle de la haute cour de Busia, ville de l’ouest du Kenya, peut enfin commencer.
Ce jour-là, 16 affaires doivent être étudiées par le tribunal civil. Le premier dossier est une querelle de succession au sujet d’un terrain dans une localité des environs de Busia. Deux parties se disputent la même terre d’un homme mort en 2006, célibataire, sans femme ni enfants. Suivent d’autres litiges entre propriétaires et des querelles commerciales qui s’étireront toute la matinée.
Au Kenya, la justice civile se rend désormais quasi exclusivement en ligne. N’importe qui, depuis un écran d’ordinateur ou de smartphone, peut assister à un procès se tenant à Nairobi, Mombasa, Kisumu ou Eldoret. Il suffit de se connecter sur le portail causelist.court.go.ke, un site du ministère de la justice kényane, puis de renseigner l’instance judiciaire (haute cour, cour d’appel, Cour suprême…), la ville et la date. Avant de cliquer sur le lien menant à la « cour virtuelle ».
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9 commentaires
Je me demande comment les avocats et les juges s’adaptent à cette nouvelle façon de travailler. Les audiences en ligne exigent-elles des compétences techniques supplémentaires ?
La justice en ligne est une réponse pragmatique à la pandémie, mais qu’en sera-t-il après ? Le Kenya doit éviter de créer une fracture numérique entre ceux qui ont accès à la justice et ceux qui en sont exclus.
Les audiences légales en ligne sont une révolution, mais comment garantir la sincérité des témoignages et l’authenticité des documents déposés ?
La justice en ligne au Kenya est une avancée intéressante, mais j’aimerais savoir comment les citoyens sans accès à Internet ou à un smartphone peuvent accéder à ces audiences virtuelles.
Avec la justice virtuelle, le Kenya montre l’exemple en matière d’innovation technologique dans le système judiciaire. Une solution qui pourrait inspirer d’autres pays africains.
Le Kenya semble avoir adopté rapidement ce nouveau modèle. Est-ce que cela a vraiment amélioré l’efficacité du système judiciaire ou bien pose-t-il encore des défis logistiques et techniques ?
Les procès en ligne réduisent les coûts et les délais, mais cela soulève des questions sur la confidentialité et la sécurité des données dans un pays où l’accès à la justice était déjà inégal.
Un système de justice en ligne pourrait améliorer l’accès à la justice, mais il faut veiller à ce que les audiences restent transparentes et accessibles à tous.
La transition vers la justice en ligne est un grand pas, mais il est crucial de s’assurer que les preuves numériques sont traitées avec la même rigueur que les preuves physiques.