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Les policiers affectés au dépôt du tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis) devront allumer les caméras-piétons dont ils sont équipés à chacune de leur intervention en cellule, ont annoncé les chefs de la juridiction, jeudi 13 novembre, deux semaines après l’incarcération de deux agents accusés d’y avoir violé une jeune femme.
Cette décision a été prise à l’issue de la première réunion, mercredi, de la commission « dépôt » coprésidée par la présidente du tribunal et le procureur de la République. La bâtonnière du barreau de Seine-Saint-Denis et le directeur territorial de la sécurité de proximité participent à cette initiative, première du genre en France, qui prévoit une réunion par mois.
De nouveaux box d’entretien seront installés au dépôt au cours du premier semestre de l’année 2026, précise le communiqué de presse émis par la présidente Anne Auclair-Rabinovitch et le procureur Eric Mathais. La semaine dernière, il avait été décidé de la présence systématique d’une policière dans l’équipe de nuit chargée de la surveillance de ce lieu.
Faits d’une « exceptionnelle gravité »
Le soir du 29 octobre, une femme âgée de 26 ans avait révélé directement à un magistrat du parquet avoir été violée par des fonctionnaires de police à deux reprises la nuit précédente, déclenchant immédiatement une enquête. Les deux policiers, âgés de 35 ans et 23 ans, ont été mis en examen à Paris et écroués le 1er novembre pour viols et agressions sexuelles par personne abusant de l’autorité conférée par ses fonctions.
Situé au sous-sol du palais de justice, le dépôt est le lieu où attendent des dizaines de personnes chaque jour, tels les prévenus devant être jugés en comparution immédiate ou les personnes en garde à vue devant être présentées à un magistrat.
Dénonçant également ces faits « d’une exceptionnelle gravité », les plus de 650 avocats du barreau de Seine-Saint-Denis ne participent plus aux permanences pénales du dépôt depuis le 3 novembre. Cette action du barreau entraîne le renvoi automatique de quantité d’audiences au sein du deuxième tribunal de France.
La semaine dernière, après avoir visité le dépôt en compagnie du premier président de la cour d’appel de Paris, la bâtonnière de Bobigny avait expliqué attendre « des mesures très concrètes », demandant « la fermeture du dépôt de nuit ». Me Sandrine Beressi a déclaré que le barreau de Seine-Saint-Denis allait poursuivre son action au moins jusqu’au prochain conseil de l’ordre, prévu le 17 novembre.










10 commentaires
Les caméras en cellules, cela peut être une bonne mesure pour renforcer la transparence, mais cela ne suffit pas. Il faut aussi une défense des droits humains.
Une décision importante face à des faits d’une gravité exceptionnelle. Espérons que cela permettra de mieux prévenir de tels drames à l’avenir.
La présence systématique d’une policière de nuit est une mesure bienvenue, mais cela ne règle pas tout. Il faut aussi une réforme culturelle.
Intéressant de voir comment cette mesure est la première du genre en France. Je me demande si d’autres tribunaux suivront cet exemple.
Avec un peu de chance, oui. La sécurité et la transparence doivent être une priorité dans tous les championnats.
Des faits aussi choquants montrent qu’il n’y a pas de place pour le laxisme. Ces mesures sont indispensables pour éviter de nouvelles victimes.
J’espère que ces mesures permettront d’éviter de nouvelles violations des droits fondamentaux. La confiance dans les institutions en dépend.
Les nouveaux box d’entretien en 2026, c’est dans longtemps. Est-ce que cela ne vaut pas mieux de faire quelque chose plus rapidement ?
C’est vrai, l’urgence semble nécessaire. On verra si la justice et la police peuvent travailler ensemble pour agir plus vite.
Une réunion mensuelle pour suivre la situation, c’est un bon début. Je serais curieux de savoir comment ces mesures seront mises en pratique au quotidien.