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Donald Trump aime répéter qu’il n’a pas besoin du Canada : ni de son bois, ni de ses voitures, ni de son pétrole. Un argument suffisant, selon le président américain, pour justifier, dès sa réélection en janvier 2025, le déclenchement d’une guerre commerciale contre son voisin et allié historique.
En réalité, les Etats-Unis importent chaque jour plus de 4 millions de barils de pétrole du Canada, captant ainsi la quasi-totalité (94 %) de ses exportations d’or noir. Mais depuis que Washington a les yeux rivés sur les immenses réserves vénézuéliennes – avec l’espoir de mettre la main dessus –, les Etats-Unis pourraient effectivement avoir moins besoin des ressources canadiennes, et ainsi se détourner de son brut jusque-là convoité.
« Le pétrole du Venezuela ne va pas remplacer du jour au lendemain le pétrole canadien, mais, à long terme, il y a un risque », explique Charles St-Arnaud, économiste en chef à la banque Servus Credit Union, en Alberta. Techniquement, les sables bitumineux de l’Ouest canadien produisent le même type d’or noir que le Venezuela : du brut lourd, que les raffineries situées sur le pourtour du golfe du Mexique, aux Etats-Unis, savent déjà traiter. Le pétrole du Venezuela pourrait ainsi progressivement couler à la place du canadien et, mécaniquement, représenter un manque à gagner pour la puissante industrie albertaine.
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15 commentaires
Les raffineries américaines pourraient-elles vraiment transformer le brut lourd du Venezuela ?
Oui, elles ont l’infrastructure nécessaire, mais tout dépend des volumes disponibles.
Les sables bitumineux sont-ils toujours viables économiquement par rapport au pétrole conventionnel ?
Cela dépend des coûts de production et des prix du marché.
Cette situation pourrait effectivement pousser le Canada à diversifier son marché d’exportation.
Mieux vaut anticiper les changements plutôt que de subir les conséquences.
C’est une bonne stratégie, surtout avec l’instabilité des relations commerciales actuelles.
Une guerre commerciale entre les États-Unis et le Canada aurait des répercussions sur tout le marché énergétique.
C’est malheureusement une possibilité à ne pas négliger.
Le pétrole vénézuélien pourrait-il vraiment concurrencer les sables bitumineux canadiens ?
Techniquement oui, mais il y a beaucoup d’incertitudes politiques à considérer.
Le marché pétrolier est en constante évolution, cette situation n’est pas surprenante.
C’est vrai, mais le Canada a des atouts à jouer pour rester compétitif.
La diversification énergétique du Canada est-elle une priorité en ce moment ?
Elle devrait l’être, vu les tensions géopolitiques actuelles.