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Un Corse-Matin mal livré par un porteur de presse et arrivé froissé, un ascenseur bloqué, un plaidoyer pour le service public… les auditeurs qui s’exprimaient au micro du « Forum », l’émission matinale de la radio ICI-RCFM mardi 13 janvier, avaient bien des griefs, mais aucun n’a évoqué l’assassinat d’Alain Orsoni, survenu la veille vers 16 h 30, lors des obsèques de sa mère, à Vero, à 30 kilomètres d’Ajaccio. Aux terrasses des cafés de la cité impériale, on parle sottovoce, à voix basse, sans le nommer, du « bel Alain », qui a « échappé mille fois à la mort », dixit un barman, et vécu autant de vies parallèles, entremêlant vie étudiante tumultueuse dans les rangs de l’extrême droite, violence clandestine au sein du FLNC, banditisme, affaires, machines à sous au Niacaragua, football et, enfin, politique.

« C’est la sidération », abrège Marie-France Orsoni, la maire (sans étiquette) de Vero, où s’est jouée la scène criminelle ; des proches médusés ont vu s’affaisser l’ancien leader nationaliste, visé en plein cœur par un tir à longue distance émanant d’un tireur, embusqué dans la forêt et reparti à pied. L’unique projectile retrouvé ouvre la piste du grand banditisme, comme le confirme la double saisine de la juridiction interrégionale spécialisée de Marseille et du Parquet national anticriminalité organisée.

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