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La carrière d’Ali Khamenei corrobore l’adage voulant qu’en histoire, il n’y a pas d’homme exceptionnel mais des circonstances exceptionnelles. Amoureux des lettres et de la musique, militant anti-Pahlavi [la dynastie du chah d’Iran] appliqué, il s’est attaché à l’idéologie de Khomeyni [Guide de la révolution de 1979 à 1989] quand, le 27 juin 1981, il réchappe d’un attentat. Le lendemain, une bombe au siège du Parti de la République islamique élimine 70 de ses membres… quelques mois plus tard, Khamenei sera élu président de la République.

Peu avant sa mort, Khomeyni destitue celui qu’il avait désigné comme son dauphin, Hossein Montazeri, et couche Khamenei sur son testament. Le 4 juin 1989, il sera élu Guide suprême de la Révolution islamique par l’Assemblée des experts. Pourtant, ce personnage de second rang dans la hiérarchie du clergé chiite n’a ni le niveau requis en sciences religieuses pour exercer l’autorité suprême, ni le charisme de son maître. Les ayatollahs Khoei [mort en 1992], puis Sistani, à Najaf, dans l’Irak voisin, attirent plus d’adeptes qui se réfèrent à leurs fatwas parmi les chiites du monde entier. Khamenei a aussi des concurrents dans le clergé, à Qom ou à Machhad, et il est peu suivi en Iran. Alors, au fil des ans, il consolide son autorité religieuse et renforce son pouvoir pour parvenir à ce qu’il est à sa mort, après trente-six ans de règne : la figure tutélaire de la République islamique d’Iran.

Il développe d’abord, grâce à ses moyens financiers, son autorité hors de l’Iran. En islam chiite, les autorités de référence, les marja, perçoivent les impôts religieux que leur versent les fidèles et les redistribuent pour développer des institutions religieuses et de bienfaisance. C’est un cercle vertueux : plus ils comptent d’adeptes, plus ils fondent d’écoles ou de mosquées qui leur permettent d’en attirer de nouveaux. Or, selon un adage bien connu des Iraniens, Khamenei reçoit peu d’« argent de l’impôt » mais il capte « l’argent du pétrole », pour financer des activités organisées par ses agents sur place et supervisées par son bureau à Téhéran comptant aujourd’hui 5 000 personnes. Il accroît ainsi son autorité religieuse et implante l’idéologie de la République islamique avec plus ou moins de succès auprès de ses alliés en Irak, au Liban ou au Yémen, et jusque dans les moindres recoins du monde chiite : au Pakistan ou au Cachemire, par exemple, où son assassinat va provoquer des réactions.

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24 commentaires

  1. Claire Bernard le

    Interesting update on « Alireza Arafi s’est taillé une place de choix dans les rouages de l’institution cléricale au pouvoir ». Curious how the grades will trend next quarter.

  2. Chloé Martin le

    Interesting update on « Alireza Arafi s’est taillé une place de choix dans les rouages de l’institution cléricale au pouvoir ». Curious how the grades will trend next quarter.

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