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L’ancien dirigeant nationaliste corse Alain Orsoni est mort, lundi 12 janvier, abattu dans le village de Vero, en Corse-du-Sud, lors des obsèques de sa mère, a appris Le Monde de source judiciaire. Il avait 71 ans.
Les faits se sont produits vers 16 h 30. Alain Orsoni est mort sur place, d’une balle unique, « un tir à longue distance », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) le procureur d’Ajaccio, Nicolas Septe, qui s’est rendu sur place. Alain Orsoni a été touché en plein cœur, alors qu’il se tenait devant la tombe de sa mère, selon une source proche de l’enquête.
L’enquête a rapidement été confiée au tout nouveau Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco) et à la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Marseille, ont annoncé à l’AFP le Pnaco et le procureur de Marseille, Nicolas Bessone.
Une enquête a été ouverte pour assassinat en bande organisée et association de malfaiteurs en vue de commettre un crime, participation à une organisation criminelle, confiée à la police judiciaire d’Ajaccio avec la brigade nationale de lutte contre la criminalité organisée corse dépendant de l’Office central de lutte contre le crime organisé (OCLO), à Nanterre. Il s’agit de la première saisine du Pnaco depuis son lancement, au début de janvier.
Un magistrat de la JIRS est sur place et un autre du Pnaco y sera dès mardi, selon le procureur de Marseille.
Allers-retours avec le Nicaragua
Alain Orsoni fut l’un des chefs du Front de libération nationale corse (FLNC), dans les années 1980. Il avait ensuite fondé et dirigé le Mouvement pour l’autodétermination (MPA). Il fut également président de l’AC Ajaccio entre 2008 et 2015, puis en 2022, pour un an.
Réputé pour son sens politique et son sang-froid, Alain Orsoni avait quitté la Corse en 1996, en pleine guerre fratricide au sein de la mouvance nationaliste. Il a vécu durant treize ans en Floride puis au Nicaragua, où il avait des activités dans le secteur des jeux, et en Espagne. Il faisait des allers-retours entre la Corse et le Nicaragua depuis plusieurs années et était rentré dans l’île pour assister aux funérailles de sa mère dans son village natal.
Peu après son retour d’exil, en 2008, un projet d’assassinat le visant fut déjoué par la police. Son frère, Guy, avait été assassiné en 1983 ; il avait donné le même prénom à son fils, figure du banditisme corse.
Il s’agit sans doute de l’un des assassinats les plus retentissants depuis celui du bâtonnier Antoine Sollacaro en 2012, qui était d’ailleurs son avocat et dont le tueur a été condamné en décembre à trente ans de prison en l’absence du commanditaire présumé de ce meurtre, Jacques Santoni, soupçonné d’être le chef de la bande criminelle du Petit Bar. Cette dernière avait été impliquée dans le projet d’assassinat visant Alain Orsoni en 2008.
Une forte rivalité oppose depuis plusieurs années le clan Orsoni à celui dit « du Petit Bar ». Mi-mai, Guy Orsoni, aujourd’hui âgé de 41 ans et détenu, a été condamné à treize ans de prison à Marseille pour avoir voulu tenter d’assassiner en 2018 Pascal Porri, membre présumé du Petit Bar. Ce même Pascal Porri est, lui, mis en examen dans une enquête sur la tentative d’assassinat de Guy Orsoni en septembre 2018.









5 commentaires
Un autre drame qui vient assombrir davantage la situation déjà instable en Corse. Les autorités doivent prendre des mesures fortes pour mettre fin à cette spirale de violence.
Cet assassinat rappelle malheureusement les heures sombres de la Corse. Qui est vraiment derrière ce tir criminel ? Les enquêteurs ont du pain sur la planche.
Un acte des plus lâches, tirer sur un homme lors de l’enterrement de sa mère… La Corse semble plonger dans un cycle de violence sans fin.
La situation en Corse devient de plus en plus inquiétante, cette affaire confirme le besoin de réformes urgentes.
C’est effectivement choquant. J’espère que les autorités parviendront à identifier rapidement les coupables.